Thèse soutenue

"Sauvagine" : Hommes et petits carnivores sauvages dits "nuisibles" : Partage des territoires, partage des connaissances

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Auteur / Autrice : Julie Delfour
Direction : Laurent Rieutort
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géographie
Date : Soutenance le 13/09/2011
Etablissement(s) : Clermont-Ferrand 2
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des lettres, sciences humaines et sociales (Clermont-Ferrand)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Centre d'études et de recherches appliquées au Massif Central, à la moyenne montagne et aux espaces fragiles (Clermont-Ferrand)
Jury : Président / Présidente : Jean-Marc Moriceau
Examinateurs / Examinatrices : Nathalie Blanc, Gilles Fumey, Stéphane Aulagnier, Hugo Asselin
Rapporteurs / Rapporteuses : Nathalie Blanc, Gilles Fumey

Résumé

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L’avancée des forêts au Moyen Age confinait à une proximité inquiétante avec des animaux sauvages qui échappaient à notre volonté de maîtrise et de contrôle, engendrant d’inévitables conflits de territoire. Ces conflits sont à l’origine du classement de certaines espèces dans la catégorie des « nuisibles ». Les plus étudiés d’entre eux demeurent les grands prédateurs, loup et ours notamment. Les mustélidés (la belette (Mustela nivalis), la fouine (Martes foina), la martre (Martes martes), le putois (Mustela putorius) et le vison d’Amérique (Mustela vison)) ont beau être des prédateurs plus discrets en taille comme en popularité, ils n’en demeurent pas moins étroitement dépendants des « respirations » de l’imaginaire humain. Leurs mœurs nocturnes et leurs comportements furtifs sont le terreau sur lequel poussent et se nourrissent les perceptions humaines. Brossant le portrait de cette insaisissable engeance, regroupée par les piégeurs sous le vocable collectif de « sauvagine », nous engageons une réflexion pluridisciplinaire réconciliant sciences naturelles et humaines et mêlant plusieurs approches capables de s’éclairer et de se répondre : géographie, anthropologie, écologie et symbolisme. L’étude des écrits naturalistes anciens, associée à un travail d’enquête auprès de naturalistes et de piégeurs dans les campagnes de moyenne montagne du sud-ouest du Massif central (Aveyron, Tarn et Tarn-et-Garonne), permet de mieux appréhender l’évolution de la notion d’animal « nuisible » et sa perception par les acteurs de terrain. Éternels « hors-la-loi », les mustélidés déjouent nos tentatives de les cerner, de les identifier et de leur assigner un territoire parfaitement distinct du nôtre. Le partage des territoires échoue, l’homme échouant à tenir ces petits animaux ondoyants en respect, à leur place, de leur côté de la barrière. Les « nuisibles » offrent une illustration exemplaire de l’homme confronté au sauvage et permettent une analyse de l’hésitation permanente entre ordre et désordre, partage et partage, altérité et identité.