Déterminants socio-économiques et écologiques de la plantation d'arbres producteurs de bois d'oeuvre et d'artisanat dans l'ouest du Cameroun

par Lucie Félicité Temgoua

Thèse de doctorat en Géographie tropicale

Sous la direction de Jean-Claude Bruneau.

Soutenue en 2011

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    Face à la diminution des superficies des forêts naturelles au niveau régional et international, les plantations d’arbres sont devenues nécessaires pour satisfaire la demande croissance en produits forestiers. L’objectif de la présente thèse est d’identifier les facteurs qui peuvent motiver les paysans et les collectivités locales à planter des arbres producteurs de bois d’œuvre et d’artisanat. L’hypothèse générale suivante à guidé cette recherche : l’accès à l'information (pour les acteurs), la fluidité et la légalité de la filière (arbres sur pieds, grumes et sciages), la sécurité foncière, et la présence de financements (privés ou publics), favorisent la plantation d’arbres producteurs de bois d'œuvre et d’artisanat. Le travail de terrain a été conduit dans quatre territoires de la région de l’Ouest Cameroun (Foumban, Bayangam, Tonga et Nkong-Ni) et dans un territoire de la région du Centre (Bafia). Notre méthodologie s’est appuyée sur des questionnaires, des entretiens semi-directifs et l’observation participante. Les résultats montrent que les principaux facteurs déterminant la plantation des arbres producteurs de bois d’œuvre sont : un statut foncier sécurisé, la durée de croissance de l’espèce, et l’existence d’un marché de commercialisation. Pour une essence comme l’eucalyptus pour laquelle il existe une filière de commercialisation bien structurée, les plantations sont en expansion et les revenus issus de la vente du bois contribuent largement aux moyens d’existence des ménages. Mais à l’opposé, les plantations de teck et de pin pour lesquelles il n’existe pas localement de marché, sont en déclin. Le Polyscias et le Canarium, espèces très prisées pour la sculpture sur bois, sont en surexploitation dans l’arrondissement de Foumban. La plantation de ces deux essences, qui n’ont encore jusqu’ici fait l’objet d’aucune vulgarisation sylvicole, est à promouvoir pour répondre à la grande demande locale en bois d’artisanat. La plantation du Kosipo et du Podocarpus dans les haies vives est également à encourager chez les paysans qui désirent planter des arbres et qui n’ont pas suffisamment d’espace pour créer des plantations en plein. Grâce aux opportunités qu’offre le Mécanisme de Développement Propre du protocole de Kyoto, par le financement des reboisements, deux communes de la région de l’Ouest (Tonga et Foumban) ont créé des plantations communales. L’implication des populations riveraines dans le choix des sites et la mise en place de ces plantations semble à l’heure actuelle être un gage de leur bonne gestion future et de leur respect.

  • Titre traduit

    Socio-economic and ecological factors determining the plantation of timber wood trees and trees producing wood for craft industry in West Cameroun


  • Résumé

    Due to the reduction of the natural forests at the regional and international level, the plantations of trees became necessary to satisfy the request growth in forest products. The objective of this research is to identify the factors which can encourage the peasants and the local authorities to plant trees producing timber and wood for craft industry. The following general assumption guided this research: the access to information (for the actors), the fluidity and the legality of the market, the secure land right and the presence of financings (private or public), can favor the development of forest plantation. Data were collected in four areas of the West region (Foumban, Bayangam, Tonga and Nkong-Ni) and in one area of the Center region (Bafia). Our methodology is based on field visits, inquiries and surveys. The results show that factors influencing the plantation of timber trees are: a secure land right, the duration of tree growth, the existence of a market. For species as eucalyptus for which there exists a well structured market, the surface of plantations are increasing and the incomes resulting from timber contribute to household’s livelihoods. But on the other hand, the plantations of teak and pine for which there does not exist market are declining. The plantation of these two species is to be promoted to cover the great local demand for craft industry wood. The plantations of Kosipo and Podocarpus in the quickset hedges is to be encouraged to the peasants who wish to plant the trees but do not have enough land to create large plantations. Due to opportunities offers by the Clean Development Mechanism through the financing of afforestation, two councils of the West region (Tonga and Foumban) created communal plantations. The implication of the bordering populations in the choice of the sites and the plantation operations at the present time seems to be a pledge of their good management and their respect.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (XXII-347 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 298-314

Où se trouve cette thèse\u00a0?