La Cité de Dieu de Saint Augustin : une oeuvre de mémoire

par Philippe Cournault

Thèse de doctorat en Histoire, langues et civilisations antiques

Sous la direction de Patrice Cambronne.

Soutenue en 2011

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    Notre travail fait l'hypothèse d'une unité dialectique de La Cité de Dieu de Saint Augustin : les livres de la seconde partie (XI à XXII) présenteraient une lecture chrétienne de l'Histoire qui éviterait les lacunes et les impasses de la lecture païenne dénoncées dans les livres de la première partie (I à X). Chacun de ces livres ou groupe de livres détruit progressivement la mémoire païenne de l'histoire et se voit opposer, à travers le parcours de l'Histoire menée en seconde partie, une mémoire chrétienne supérieure. Ainsi les trois premiers livres de la première partie dénoncent deux lacunes dans le fonctionnement de la mémoire païenne -ses caractères partiel et partial- évitées par la mémoire chrétienne puisque, grâce au concept d'Aeternitas, elle se révèle totalisante et, grâce à celui d'Ordo, ouverte sur la présence du mal. Les livres IV à VIII dénoncent, parmi les produits de la mémoire païenne, deux tendances idéologiques -l'une politique, l'autre religieuse- dépassées par la mémoire chrétienne, capable de s'ouvrir, grâce au concept de Ciuitas, sur une ecclésiologie mystique et, grâce à celui de Pax, sur une téléologie de l'accomplissement. Les livres IX et X s'attaquent au référent de la mémoire païenne : la falsa Auctoritas du paganisme à laquelle ils opposent la uera Auctoritas des Ecritures, fondement de la mémoire chrétienne de l'Histoire qui s'ouvre dès le livre suivant. En lisant ainsi La Cité de Dieu comme une oeuvre de mémoire, on comprend mieux son unité : le parcours de l'Histoire selon l'Auctoritas chrétienne est une démonstration apologétique de l'éclatante supériorité du christianisme sur le paganisme, incapable d'une telle vision de l'histoire.

  • Titre traduit

    The City of God by Saint Augustine : a work with memory at its core


  • Résumé

    We started from the hypothesis that the City of God by Augustine is based on a dialectical unity, the books in the second part (IX to XXII) giving a christian interpretation of history thus avoiding the flows and weaknesses of the pagan interpretation denounced in the books of the first part (I to X). Each book or group of books progressively debunks the pagan memory of history in the second part, is set against a higher christian memory. Thus the first three books in the first part expose two flows in the working of the pagan memory – its being incomplete and partial – which the christian memory avoids since the concept of aeternitas allows it to be totalizing and that of ordo to be open to the presence of evil. Books IV to XIII denounce, among what the pagan memory has produced, two ideological tendencies (a political and a religious one) which christian memory has totally set aside as this memory is able to, owing to the ciuitas concept, open up to a mystical ecclesiology and, owing to the pax concept, a teleology of accomplishment. Books IX to X tackle the referent of pagan memory : the Falsa Auctoritas of paganism is set against the Uera Auctoritas of the Writings, which founds the christian memory of history exposed in the following book. Reading the City of God as a book of memory enables one to better grasp its unity : looking at history through the christian auctoritas is an apologetical demonstration of the crystal-clear superiority of christianism over paganism which is incapable of such a vision of history.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (609 f.)
  • Annexes : Bibliogr. : f. 578-607

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