Quelle unité pour le Châtelperronien ? : apport de l'analyse taphonomique et techno-économique des industries lithiques de trois gisements aquitains de plein air : le Basté, Bidart (Pyrénées-Atlantiques) et Canaule II (Dordogne)

par François Bachellerie

Thèse de doctorat en Préhistoire

Sous la direction de Jacques Jaubert et de Jean-Guillaume Bordes.

Le jury était composé de Bruno Maureille, João Zilhão.

Les rapporteurs étaient François Bon, Jacques Pelegrin.


  • Résumé

    Au coeur du stade isotopique 3, le Châtelperronien est vu comme la dernière manifestation culturelle desnéandertaliens en France et dans le nord de l’Espagne. Ce technocomplexe est défini comme « de transition »avec un monde nouveau, celui du Paléolithique supérieur, dont l’artisan est l’Homme anatomiquement moderne.Il n’est cependant connu que par un nombre restreint de sites, souvent fouillés anciennement, et sur lesquelsplanent des soupçons de mélanges. Afin de mieux définir cette industrie, nous proposons ici d'en documenter lavariabilité, par le biais de l'analyse taphonomique et techno-économique de trois séries lithiques aquitaines deplein-air : le Basté (Pyrénées-Atlantiques), Bidart (Pyrénées-Atlantiques) et Canaule II (Dordogne).Intégrés à une synthèse bibliographique critique mobilisant les autres collections châtelperroniennes, nosrésultats confirment la forte unité technique du Châtelperronien, probablement symptomatique d’une unitéculturelle forte, tant dans les modalités que dans les objectifs de la production lithique. L’équipement lithique estorienté vers l’obtention de lames plutôt larges et courtes, de profil rectiligne, principalement dévolues à lafabrication de pointes ou couteaux de Châtelperron. La forte unité morphométrique de ces dernières, ajouté à laremise en cause de la réalité d'une composante moustérienne au sein de ces séries, annihilent l’idée d'unevariabilité diachronique ou géographique du Châtelperronien, qui à ce titre ne peut plus être défini comme uneindustrie de "transition" au sens propre du terme, mais bien comme un technocomplexe pleinement paléolithiquesupérieur.A une échelle plus vaste, le processus ayant conduit à sa formation semble reposer sur la place prépondérantedonnée à la recherche de pointes lithiques légères et potentiellement utilisées comme armatures. Ce processus estcomparable à celui en action, à la même période et dans le reste de l'Europe occidentale, au sein des autrestechnocomplexes dits de "transition".Ces résultats rejoignent ainsi l’idée d’une apparition graduelle et géographiquement contrastée des élémentsstructurants du Paléolithique supérieur, dont certains sont déjà en oeuvre bien avant l'émergence de l'Aurignacien(production laminaire, rôle prépondérant des armatures au sein des équipements lithiques, industrie en matièredure animale). Ils contribuent donc à estomper l'image de rupture communément admise pour cette périodecharnière dans l'histoire de l'humanité.

  • Titre traduit

    Which unit for Chatelperronian ? : contribution of the taphononomic and techno-economic analysis of three open-air sites from the Aquitaine region : le Basté (Pyrénées-Atlantique), Bidart (Pyrénées- Atlantique), and Canaule II (Dordogne)


  • Résumé

    The Chatelperronian, dating to MIS 3, represents the final expression of the Neanderthals in France and northernSpain. This techno-complex has been defined as the transition to the new world of the Upper Palaeolithic whichis associated with anatomically modern humans. However, this industry is known from only a few recentlyanalysed collections. This work documents the variability of this techno-complex by way of a taphonomic andtechno-economic analysis of three open-air sites from the Aquitaine region: Le Basté (Pyrénées-Atlantique),Bidart (Pyrénées-Atlantique), and Canaule II (Dordogne).These results are integrated with a bibliographic synthesis which considers other Chatelperronian assemblagesbased on their analytical value. The substantial technical unity of the Chatelperronian is confirmed and is likelyindicative of an equally substantial cultural unity expressed in the modes and objectives of an almost exclusivelylaminar lithic production system. These generally short and wide blades with rectilinear profiles were detachedusing soft-stone hammer percussion and were mainly designed for the manufacture of Chatelperronian points.Furthermore, the considerable morphometric unity of these pieces, coupled with the doubt cast upon the realityof a Mousterian component of this industry, calls into question the idea of an internal evolution.The Chatelperronian, in the absence of a cultural composite in associated chaînes opératoires, can no longer bedefined as a ‘transitional’ industry in the literal sense of the term.Nevertheless, its formation seems to be have been driven by the desire for lightweight lithic points that werepotentially employed as armatures. This process is comparable with those seen during the same period across therest of Western Europe with other ‘transitional’ techno-complexes.This work therefore aligns itself with the idea of a gradual appearance of the elements structuring the UpperPalaeolithic of which certain features were already in place well before the emergence of the Aurignacian(laminar production, the predominant role of armatures in the lithic tool-kit, and the presence of bone and antlerartefacts). Our conclusions chip away at the commonly accepted image of a rupture during this pivotal period inthe history of humanity.

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