Place de l'attitude normative dans le discours épilinguistique. Le locuteur non-spécialiste face à la représentation de ses propres pratiques linguistiques

par Hélène Favreau

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Béatrice Pothier.

Soutenue en 2011

à Angers .


  • Résumé

    La langue étant un bien commun partagé par tous les membres d'une communauté linguistique, chaque sujet parlant a une certaine idée de la langue, se fait son idée de sa propre pratique, à l'aune d'une variété standard, normée, dite " de référence ". Ces idées se manifestent le plus souvent au travers du discours tenu par la langue (métalinguistique) sur la langue (épilinguistique) puisque ce dernier véhicule un certain nombre de jugements de valeur que le linguiste, en tant que spécialiste et scientifique habité par un souci d'objectivité et de neutralité, est amené à, sinon les rejeter, au moins les qualifier d'idées reçues, de préjugés, voire d'idéologies. Quelle place occupe aujourd'hui l'attitude normative dans le discours épilinguistique ? Les représentations métalinguistiques du discours ordinaire sont-elles uniquement le fruit d'un jugement porté sur la langue de l'autre ? Si d'un point de vue strictement communicationnel, la nécessité du concept de norme linguistique ne semble plus être à démontrer, sa pertinence pourra néanmoins être questionnée en se plaçant d'un point de vue sociolinguistique, perspective à partir de laquelle l'on est à même de constater que ce concept véhicule également l'idée d'exclusion. Cette recherche abordera donc les notions de variété et de variation, intrinsèquement liées à celle de norme. De plus, il semble que l'attitude normative traduise également une idéalisation de l'objet-langue chez le locuteur lambda. Il sera donc également question des représentations sociolinguistiques -et attitudes qui en découlent- qui concernent la langue et ses usages au sein de la communauté linguistique.


  • Résumé

    Language being a common possession shared by all the members of a given speech community, each speaker has a specific view on language, and even makes up his/her opinion about his/her own linguistic practice, when measured with a standard, normed variety, also known as the " reference " variety. Most often, these opinions are to be found within the discourse held by language (metalinguistic dimension) on language (epilinguistic dimension) as the latter conveys a certain number of value judgments that may lead the linguist, as a specialist and scientist - meaning he/she cares about being objective and neutral - if not to dismiss them, at least to qualify them as received ideas, prejudices, or even ideologies. So, what place does normative attitude occupy within the epilinguistic discourse nowadays? Are the metalinguistic representations of the ordinary speech only the result of some judgment passed on the other's language? If, from a strictly communicative point of view, there is no need to prove the essential nature of the concept of linguistic norm, its relevance can nonetheless be questioned by looking at it from a sociolinguistic point of view, a perspective that will enable the scientist to observe that this concept also conveys the idea of exclusion. Our research will therefore deal with the notions of variety and variation, both intrinsically linked to that of norm. Moreover, it seems that normative attitude may also reflect an idealization of the language by the average speaker. Thus, the research will also focus on the sociolinguistic representations - and all the ensuing attitudes - that have to do with language and its usages within the speech community.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (286 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p.273-283

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