Etude des processus d'empathie : architecture cognitive et intérêt clinique dans le champ des pathologies neurologiques

par Pauline Narme

Thèse de doctorat en Biologie-santé. Neurosciences

Sous la direction de Olivier Godefroy.

Soutenue en 2011

à Amiens .


  • Résumé

    L’empathie est un concept multidimensionnel, impliquant à la fois des processus émotionnels et cognitifs, qui sous-tend l’adéquation du fonctionnement social. Ce travail de thèse avait deux principaux objectifs : préciser (1) l’architecture cognitive de l’empathie, et (2) l’intérêt de son évaluation dans le champ des pathologies neurologiques. Dans un premier temps, nous avons étudié les capacités de modulation de la réponse empathique, en examinant l’effet de la proximité affective d’autrui sur la perception de situations douloureuses et les réactions physiologiques du sujet. Les résultats ont montré une réponse empathique plus importante pour une personne proche par rapport à un inconnu. Différentes études ont ensuite été conduites afin d’explorer les capacités d’empathie dans les maladies de Parkinson (MP), d’Alzheimer (MA), la dégénérescence lobaire frontotemporale (DLFT) et dans le cadre de lésions focales consécutives à un accident vasculaire cérébral (AVC). Ceci a été réalisé à l’aide d’une batterie d’évaluation permettant de dissocier les processus émotionnel et cognitif, au préalable normalisée auprès d’une population témoin. Les résultats ont montré : (1) un déficit d’empathie atteignant les deux composantes, dans la DLFT et à moindre mesure dans la MP ; (2) un déficit sélectif de l’empathie cognitive dans la MA ; (3) que la batterie d’empathie discriminait les patients DLFT des MA avec une bonne sensibilité et spécificité ; (4) peu de déficits chez les patients AVC présentant essentiellement des lésions des structures profondes ; (5) que, d’après l’étude transnosographique, les troubles dysexécutifs cognitifs (flexibilité mentale) contribuent au déficit d’empathie, celui-ci participant à l’apparition des troubles des conduites sociales et du syndrome dysexécutif réduit. Au total, ce travail a permis de proposer une nouvelle architecture cognitive de l’empathie (impliquant les capacités de modulation et les liens avec les fonctions exécutives), et de montrer l’intérêt d’évaluer les capacités d’empathie en clinique (1) pour le diagnostic différentiel entre maladie d’Alzheimer et dégénérescence lobaire fronto-temporale et (2) pour la compréhension des troubles dysexécutifs comportementaux dont l’impact est important dans la vie quotidienne.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (297 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.292-294.

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