Formes articulatoires et formes phonologiques : le cas de la liaison

par Céline Grosson

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Noël Nguyen.

Le président du jury était Sophie Wauquier-Gravelines.

Le jury était composé de Noël Nguyen, Sophie Wauquier-Gravelines, Rudolph Sock, Fabrice Hirsch, Yohann Meynadier.

Les rapporteurs étaient Rudolph Sock.


  • Résumé

    Les résultats obtenus en psycholinguistique via des études perceptives sur le traitement de la consonne de liaison montrent que le traitement de ce phénomène complexe n’est qu’imparfaitement prédit par les différentes théories phonologiques dans lesquelles il a été intégré de manière explicite. C’est pourquoi nous proposons dans cette thèse, qui s’inscrit dans une perspective résolument nouvelle, d’envisager la liaison du point de vue de la production et de la formaliser dans le cadre de la Phonologie articulatoire de Browman et Goldstein (1986). Ce modèle présente l’avantage d’une organisation directe entre phonologie et phonétique en utilisant une seule unité qui sert à la fois de primitive phonologique et d’unité d’action motrice dans la production de la parole : le geste articulatoire. Nous supposons que le statut phonologique de « segment flottant » proposé pour la consonne de liaison dans le cadre de la phonologie autosegmentale (Clements & Keyser, 1985 ; Encrevé 1988) puisse trouver un corrélat au niveau articulatoire et puisse être observé et mesuré expérimentalement. L’analyse qui vient à l’appui de cette hypothèse compare la consonne de liaison avec la consonne initiale de mot dans des contextes vocaliques identiques au moyen de mesures électro-palatographiques. Nos résultats suggèrent que la consonne de liaison est soumise à une modification quantitative des caractéristiques dynamiques qui lui sont associés. Les mouvements des articulateurs ainsi que les relations entre les gestes consonantique et vocalique sont ré-échelonnés en fonction de la position qu’occupe la consonne de manière graduelle.


  • Résumé

    Perceptual studies in the field of psycholinguistics on the processing of the liaison consonant have shown that this complex phenomenon is not perfectly predicted by the different phonological theories in which it has been explicitly integrated. In this thesis, we propose to investigate liaison from a totally new perspective, that is from a production point of view, and to formalise this phenomenon in the framework of Browman and Goldstein (1986)’s Articulatory Phonology. This model is advantageous as it provides a direct connection between phonology and phonetics where only one unit is used both as a phonological primitive and as a unit of motor action in speech production, that is articulatory gesture. In the Framework of autosegmental phonology (Clements & Keyser, 1985 ; Encrevé 1988), the phonological status of the liaison consonant is considered to be a floating segment. In this thesis, we hypothesise that there is a correlate at the articulatory level that can be observed and experimentally measured. This hypothesis is tested by comparing the liaison consonant with the word-initial consonant in identical vowel contexts by using electro-palatographical measurements.Results suggest that the liaison consonant is subjected to a quantitative modification of the dynamic caracteristics which are associated with it. The articulator movements, as well as the relations between consonant and vowel gestures, are gradually re-scaled according to the consonant position.


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