Esthétique du où ? : Sur le sentiment de l'espace

par Marilène Vigroux

Thèse de doctorat en Arts plastiques et sciences de l’Art

Sous la direction de Alain Chareyre-Méjan.

Le président du jury était Bernard Salignon.

Le jury était composé de Alain Chareyre-Méjan, Bernard Salignon, Bernard Lafargue.

Les rapporteurs étaient Bernard Lafargue.


  • Résumé

    La donation fait de l’espace une spatialité (extériorité, altérité). Tomber dans le où ? est avoir le sentiment de l’espace qui n’est pas la spatialité. Nous ne sommes plus un corps dans l’espace mais un corps-espace (pas de place pour le là). Le où ? n’est pas un dans absolu mais l’impossibilité du dans et l’impossibilité de l’événement d’être (pas d’ouverture). Il y a une immobilité où tout se meut à vide. Le où ? n’a même pas le où de la question comme réponse. Son point d’interrogation est son impossible repos. Que reste-t-il à l’artiste à donner ? Ne fait-il pas justement autre chose que donner ? L’artiste dé-crée et son œuvre pose alors cette question : où cela ne se passe-t-il pas ?. Tomber dans le où ? c’est tomber dans l’étrangeté de l’autre de l’événement. C’est accueillir l’autre, l’étranger, sans lui ôter son étrangeté. L’impossibilité d’avoir lieu s’in-crée. Le sentiment de l’espace est l’autre de la sensibilité et non pas une autre sensibilité à. Il est l’autre de la rencontre. Le sentir est pris par le corps. Tomber dans le où ? est une désinsertion de l’espace où le déjà vouloir de la donation n’a pas lieu. Accueillir l’autre c’est perdre sa demeure avec soi, c’est accueillir dehors. La désinsertion de l’espace est l’autre du départ. Le venir du dehors est l’appel du dehors, l’appel de l’il y a, mon appel. Dans l’esthétique du où ? nous ne sommes pas dans cet appel du dehors. La relation avec l’Autre sera son exhibition, son débordement, sa profanation, profanation du Tout, de l’Un. L’homme fait autre chose que vouloir, il danse. Tomber dans le où ? c’est sortir du pouvoir pour tomber dans la jouissance tragique de l’éternel retour. C’est penser où ?.

  • Titre traduit

    The aesthetics of the where ? : or the feeling of space


  • Résumé

    Donation turns space into spatiality (outwardness, otherness). Falling in the 'where ?' is having the feeling of space, which isn't spatiality. We are not a body in space anymore, but a space-body (no place for the here). The where ? is not an absolute into but the impossibility of an into and the impossibility of the event of being (no opening). There is an immobility in which everything runs, but idle. The where ? doesn't even have the where of the question as an answer. It's question mark is it's impossible rest. What is left for the artist to give ? Isn't he precisely doing something else than giving ? The artist de-creates and his work asks the question : where doesn't it flow ? Falling in the 'where ?' is falling in the strangeness of the other of the event. It's welcoming the other, the strange(r), with no lessening of strangeness. The impossibility of taking place un-creates itself. The feeling of space is the other of sensitivity and not another sensitivity to. It is the other of the encounter. The feeling is taken by the body. Falling in the 'where ?' is a dis-insertion from space where the already willing of the donation does not take place. Welcoming the other is losing one's abode with oneself, it is welcoming outside. The dis-insertion from space is the other of departing. The calling from outside is the calling of the outside, the calling of there is, my calling. In the aesthetics of the where ? we are not in the calling from the outside. The relationship with the Other will be it's exhibition, it's overflowing, it's profanation, the profanation of the Whole and the One. Man does something else than willing, he dances. Falling in the 'where ?' is exiting from might into the tragic enjoyment of the eternal return. It is thinking where ?


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