Les bas-fonds du Bugesera (Burundi) : de l'inventaire au suivi par télédétection

par Apollinaire Niyonkuru

Thèse de doctorat en Géographie. Aménagement

Sous la direction de Martin Paegelow.

Soutenue en 2010

à Toulouse 2 .


  • Résumé

    Les épisodes de sévérité climatique, la dégradation des sols de versants et la pression démographique ont amené les paysans du Burundi à conquérir de nouvelles terres encore humides de bas-fonds pour les mettre en culture. La qualité chimique des sols y est bonne et l’eau disponible. Ils représentent une alternative économique intéressante pour les paysans du Burundi qui peuvent y développer une production de sécurité ou de rente (sorgho, maïs, riz, bananes, patate douce, maraîchage). En saison sèche, c’est une zone de pâturage, qui offre aussi d’intéressantes possibilités de marai��chage, d'arboriculture et de cultures de contre-saison. La mise en valeur agricole de ces zones constitue ainsi l'une des réponses possibles à la crise actuelle des systèmes traditionnels de production. Cependant, les bas-fonds, zones temporairement inondées et faisant l'objet d'une exploitation croissante, sont des écosystèmes fragiles et facilement dégradables. Les changements intensifs de l'occupation des terres produisent des impacts négatifs sur l'environnement, notamment sur la dégradation de l'habitat de nombreuses d'espèces et la remise en cause des fonctions écologiques qu'elles assurent. A l'aide du traitement numérique d'images satellitaires multidates, une mise en évidence et un suivi de ces changements ont été réalisés dans la région du Bugesera (province de Kirundo, Burundi) pour la période de 1984 à 2007 (images TM et ETM+ de Landsat). Néanmoins la possibilité d'exploitation d'images à moyenne résolution spatiale est limitée par le morcellement des terres dans cette zone agro-écologique du Bugesera. En conséquence, notre démarche repose sur la comparaison post-classifications qui permet de quantifier les changements et d'en indiquer la nature. Nous avons pu révéler que les surfaces cultivées de bas-fonds s'accroissent au détriment des zones marécageuses et des lacs. Les résultats montrent une augmentation de la superficie des bas-fonds cultivés entre 1984 et 2007 de l'ordre de 8% et une diminution des eaux libres de 0. 3% à l'échelle régionale tandis que ces taux atteignent respectivement 11% et 7. 2% à l'échelle locale (environs du lac Gacamirinda et Rwihinda). En dépit des problèmes de confusion radiométrique, liée notamment à la matrice parcellaire divisée, on constate que les images TM et ETM+, utilisées conjointement avec des données cartographiques, fournissent une information utile sur les changements intervenus aux décideurs. Le recours à des images à"plus!hiute résolution spatiale permettrait d'affiner les résultats.

  • Titre traduit

    The low lands of Bugesera (Burundi) : from inventory to monitoring by remote sensing


  • Résumé

    The episodes of climatic severity, the impoverishment of the soil on slopes and the demographic pressure has led the Burundi peasants to conquer new, still humid fields in shallow lands in order to cultivate them. The chemical quality of these fields is good and water is available. They represent an interesting economic alternative for the Burundi peasants who can develop here a safety or revenue production (sorghum, corn, rice, bananas, sweet potato, market gardening). During the dry season, it is a grazing area, which offers also interesting possibilities for market gardening, arboriculture and out-of-season cultures. The agricultural development of these zones constitutes one of the possible answers to the current crisis of traditional production systems. However, the shallow lands, temporarily flooded zones and subject of an increasing exploitation, are fragile and easily degradable ecosystems. The intensive changes of soil occupation produce negative impacts on the environment, in particular on the degradation of the habitat of many species and the questioning of the ecological functions which they provide. By remote sensing using multi date satellite pictures (Landsat TM and ETM+ from 1984 and 2007), a highlighting and a monitoring of these changes have been made in the Bugesera area (province of Kirundo, Burundi). However, the possibility of operating at medium spatial resolution images is limited by the fragmentation of land in this agro-ecological zone of Bugesera. Consequently our methodological approach is based on post-classification that allows to quantify the changes and to indicate the nature of them. We could show that the cultivated shallow land surface increases to the detriment of marshy zones and lakes. The results show an increase of the cultivated marsh surfaces between 1984 and 2007 of about 8 % and a reduction of surface water of 0. 3% on regional scale while these percentages are respectively about 11 % and 7. 2% on a local scale (neighbourhood of Gacamirinda and Rwihinda lakes). Despite the problems of radiometric confusion, mainly caused by the split of the agricultural matrix, this study shows that the TM and ETM + images, used in conjunction with map data, provide useful information on changes to policy makers. The use higher spatial resolution images would refine results

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Informations

  • Détails : 1 vol. (321 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 270-285

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  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
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  • Cote : MF 3652
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