L'espace musical, concept et phénomène : à travers l'avant-garde des années 1950-60 (Stockhausen, Xenakis, Ligeti...)

par Georges Bériachvili

Thèse de doctorat en Musicologie

Sous la direction de Pierre Albert Castanet.

Soutenue en 2010

à Rouen .


  • Résumé

    L'évolution de la musique savante au XXème siècle a mis en avant la spatialité en tant que qualité inhérente à la musique, à sa composition et à sa saisie mentale. Depuis Debussy et Schönberg la perception spatiale devient un élément essentiel de la perception musicale. Cette « spatialisation » atteint son apogée dans l'avant-garde des années 1950-60, où elle s'impose sur tous les plans – des techniques d'écriture jusqu'à l'intégration de l'espace physique dans la composition. Dans cette thèse, les composantes spatiales de la musique sont étudiées du point de vue phénoménologique, qui se focalise particulièrement sur l'expérience esthétique. L'appareil conceptuel développé permet d'interpréter les spécificités de l'espace musical dans divers contextes stylistiques. La notion d'espace musical est présentée en cinq grandes catégories : espace quasi-géométrique (« espace de formes »), matière sonore (« espace-matière »), espace énergétique, espace physique, espace à grande échelle (espace « temporel »). L'examen de ces catégories passe par des réflexions sur le temps musical (notamment, sur la narrativité et la linéarité), sur le phénomène de geste expressif (abordé entre autres sous l'éclairage de la théorie de l'intonation de B. Assafiev), ainsi que sur les implications de la philosophie bergsonienne. La partie théorique générale est suivie de trois essais consacrés à l'oeuvre de Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis et György Ligeti dans les années 1950-60. L'analyse des propriétés de l'espace musical dans ce corpus débouche sur des considérations liées aux fondements esthétiques et stylistiques de l'art de chaque compositeur et aux stratégies d'écoute impliquées par leurs musiques.


  • Résumé

    The evolution of art music in the 20th century highlighted spatiality as an inherent quality of music, its composition and its mental conception. Since Debussy and Schönberg, spatial perception has become an essential element of musical perception. This « spatialisation » reached its peak in the avant-garde of the 1950s and 1960s, where it was present on all levels – from writing techniques to the integration of physical space in composition. In this thesis, music's spatial components are studied from a phenomenological point of view, which focuses particularly on the aesthetic experience. A developed conceptual tool allows the specificities of musical space to be interpreted in different stylistic contexts. The notion of musical space is presented in five broad categories : quasi-geometric space, sound as matter, energetic space, physical space, large-scale (« temporal ») space. These categories are studied by considerations on musical time (notably narrativity and linearity), the phenomenon of the expressive gesture (especially in the light of B. Assafiev's theory of intonation), as well as the implications of Bergson's philosophy. The general theoretical part is followed by three essays devoted to the work of Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis and György Ligeti in the 1950s and 1960s. Analysing the musical space properties within this corpus results in reflections on the aesthetic and stylistic basis of each composer's work and the listening strategies implicated by their music.

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  • Détails : 1 vol. (302 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 279-292. Index

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  • Cote : W10902
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