De l'obligation de devenir femme : étude sur les mutilations sexuelles des femmes

par Natacha Carbonne

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Frédéric Monneyron.

Soutenue en 2010

à Perpignan .


  • Résumé

    Une des principales fonctions des mutilations sexuelles féminines est de créer des femmes : la socialisation féminine et la construction de l’identité de genre sont donc au cœur de cette recherche. Cette obligation de socialisation s’appuie sur une misogynie universelle et la domination masculine qui l’accompagne. Il s’agit de mettre en évidence comment les processus d’intériorisation de la culture environnante et d’intégration au groupe se mettent en place. Dès lors, la phrase de Simone de Beauvoir « On ne naît pas femme on le devient » prend ici toute son ampleur : la nature ne suffit pas il faut la recréer et lui donner un sens. Ainsi, la culture s’empare du corps des femmes, devenu vecteur de socialisation, pour l’assigner physiquement et symboliquement ; cette emprise culturelle cherche à ôter toute masculinité aux femmes et à pousser au paroxysme les « ingrédients » de la féminité. En effet, la bisexualité et l’androgynie sont des « entre-deux » insupportables et figures de chaos. L’identité passera par la séparation et l’exclusion de l’autre sexe en soi ou ne sera pas.

  • Titre traduit

    The obligation to become a woman : a study of female genital mutilation


  • Résumé

    One of the principle reasons that female genital mutilation is performed is to create women : therefore, the socialisation of females and the construction of gender identity are at the heart of this research. This socialised obligation stems from a universal misogyny, and the male domination that accompanies it. It is a question of bringing to the forefront how the processes of interiorising one’s surrounding culture, and integrating into a group, are put into place. Simone de Beauvoir’s famous line « One is not born, but rather becomes, a woman » has serious meaning here : nature is not enough – we must recreate it and give it meaning. Therefore, the surrounding culture takes women’s bodies, uses them as a vehicle of socialisation, marking them physically and symbolically. This cultural control strives to remove all masculinity from women, and then pushes their feminine « ingredients » to an extreme. In fact, bisexuality and androgyny – as neither masculine nor feminine – are unacceptable and represent chaos. One’s identity will come from the separation and exclusion of the other sex within oneself, or there will be no identity.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (308, 219 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 266-308. Index

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Perpignan Via Domitia. Service commun de la documentation. Section Lettres et Sciences humaines.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TD 2010 CAR
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