Garder ou perdre la face? La Maladie et le Sacré. Étude d'anthropologie historique sur la lèpre (Normandie centrale, occidentale et méridionale) du onzième au seizième siècle

par Damien Jeanne

Thèse de doctorat en Histoire et archéologie des mondes médiévaux

Sous la direction de Colette Beaune.

Le président du jury était Véronique Gazeau.

Le jury était composé de Colette Beaune, Véronique Gazeau, Pierre Bauduin, Daniel Le Blévec, Pascal Montaubin.

Les rapporteurs étaient Pierre Bauduin, Daniel Le Blévec.


  • Résumé

    Ravalé au rang d’histoire secondaire par une historiographie pesante, le lépreux au Moyen Âge est pris entre deux images. L’une, traditionnelle, est celle d’un être bancal, opprimé par la foule et séparé du peuple. L’autre plus récente, est celle de l’image survalorisée d’une « lèpre bienfaisante », une sorte de purgatoire terrestre. Entre les deux, laquelle est « vraie » ? Laquelle explique l’éclosion des léproseries entre la fin du XIe siècle et le milieu du XIIIe siècle ? Qu’est-ce qui guide l’afflux des aumônes dévolues aux ladres ? Comment expliquer le rituel de la « mort au monde » ? Les lépreux deviennent-ils des « abjects » au XIVe siècle ?Tenir une chronologie des deux images séparées est impossible, tant elles sont constitutives d’une perception double du lépreux. Le ladre est « sacer » (maudit et vénéré), il véhicule à la fois l’image du Christ souffrant et celle d’un être difforme, oblique, sans bouche, ni mains, doté d’une sexualité de bouc et qui porte le mauvais œil. Le lépreux est un bouc émissaire sans sacrifice sanglant qui se traduit par l’entrée volontaire en léproserie. Une renonciation au monde.Les sources exceptionnelles de la Normandie occidentale, centrale et méridionale permettent de percevoir les discours des clercs sur la lèpre, d’apprécier les évolutions institutionnelles des léproseries grâce aux actes de la pratique (sept cartulaires) ; de se faire une idée de ce qu’à été le quotidien des malades et de restituer le maillage des léproseries de diocèses d’Avranches, de Bayeux, de Coutances, de Lisieux et de Sées.

  • Titre traduit

    Keep or Lose Face? The Disease and the Sacred. An Anthropological History of Leper in Central, Western and Southern Normandy (Eleventh – Sixteenth Century)


  • Résumé

    Reduced to the level of a second-rate moment in history by a heavy historiography, the leper in the Middle Ages is caught between two representations. The first and more traditional one is that of a lame being, oppressed by crowds and segregated from other people. The second and more recent one is that of an over-rated “beneficent leprosy” reminiscent of a purgatory on earth. Between those two representations, which one is closer to the “truth”? Which one might explain the opening of leper-houses between the end of the XIth century and the middle of the XIIIth century? What caused the inflow of alms given do misers?Keeping a chronology of those two different representations is impossible, because they both belong to a dual perception of the leper. The miser is “sacer” (cursed and revered), he conveys the image of both a suffering Christ and a misshapen, lopsided, mouth-less being, deprived of hands, but endowed with a goat’s sexuality and bringing bad luck. The leper is a scapegoat with no bloody sacrifice, but who is willing to commit to leper-houses. A way to withdraw from the world. The exceptional sources from Western, Central and Southern Normandy allow us to appreciate the clerics’ discourses on leprosy and the institutional evolutions of leper-houses due to the acts of practice (the 7 cartularies) and help us build a clearer picture of what the daily life of lepers might have been, as well as restore the network of leper-houses in the dioceses of Avranches, Bayeux, Coutances, Lisieux and Sées.

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