Muga : Frontière, identité et territoire au Pays Basque

par Aitzpea Leizaola Egaña

Thèse de doctorat en Ethnologie

Sous la direction de Martine Segalen.

Soutenue en 2010

à Paris Ouest Nanterre La Défense .


  • Résumé

    Cette thèse s'inscrit dans le cadre d'une anthropologie des frontières. Toute frontière est une construction politique, et par delà sociale, qui est arbitraire, contingente et relationnelle. Elle est la matérialisation d'un processus historique qui, dans le cas de la frontière pyrénéenne s'étend sur plus de 350 ans. Longtemps considérée le paradigme des frontières naturelles, la frontière entre la France et l'Espagne n'échappe point à ces principes. Ce travail met à jour les enjeux et les implications que la frontière mobilise au Pays Basque tant du point de vue de la définition du territoire comme des constructions et négociations identitaires. L'analyse des populations frontalie��res du milieu rural bascophone a été un outil de premier ordre. Prenant appui sur un travail de terrain multi-situé de longue durée englobant les deux côtés de la frontière, je montre combien l'interaction des populations frontalières au cours du 20e siècle fait preuve d'une grande capacité d'adaptation. La notion de muga, terme polysémique recouvrant en basque aussi bien la limite villageoise que la frontière étatique, s'avère centrale pour comprendre l'écart entre une conception locale où l'idée-force est la notion de rencontre en contraste avec la conception moderne de frontière étatique comme lieu de séparation. Les disputes territoriales locales, de discours sur la contrebande et du tourisme frontalier permettent de comprendre la teneur des enjeux et des échanges à l'échelle locale et la persistance des liens transfrontaliers. Cela met en relief la perméabilité de la frontière pyrénéenne et sa centralité pour les populations qu'elle partage, donnant lieu à une culture frontalière spécifique.

  • Titre traduit

    Muga : Border, identity and the Basque country


  • Résumé

    Framed in the anthropology of borders, this thesis is an ethnography of the Basque borderland. Every border is a political, yet social, construction, which is arbitrary, contingent and relational. A border results from the materialisation of a historical process, which in the case of the Pyrenean border has expanded over 350 years. Long considered as a paradigm of natural boundaries, the border between France and Spain follows these principles too. This work brings light to the implications at stake in the Basque Country related to the definition of territory and to the processes of construction and negotiation of identities. Drawn from a long term multi-sited ethnography carried out in the Basque speaking rural borderland on both sides of the border, this research shows that all through the 20th century borderlanders have been able to constantly adapt to new circumstances. The notion of muga, a polysemic Basque term meaning both frontiers, village limits boundaries and state borders is central to understand the distinction between two diverging conceptions, the local one focusing on the idea of the border as a meeting point and the state perspective, stressing the idea of the border as a line of separation. The study of local territorial disputes, discourses on smuggling and border tourism point out to the scope and the persistence of exchanges across the border at a local level. Despite the fact of being divided by the border, all these show the permeability of the Pyrenean border and its centrality for borderlanders, which in turn, leads to the creation of a specific border culture.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (574 f.)
  • Annexes : Bibliogr. 326 réf.

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T10PA100177
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