Déplacements forcés et citadinités. Les deslocados de guerra à Maputo (Mozambique)

par Jeanne Vivet

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Philippe Gervais-Lambony.

Le président du jury était Alain Dubresson.

Le jury était composé de Philippe Gervais-Lambony, Alain Dubresson, Véronique Lassailly-Jacob, Isabel Raposo, Luc Cambrézy.

Les rapporteurs étaient Véronique Lassailly-Jacob, Isabel Raposo.


  • Résumé

    Cette thèse interroge les liens entre déplacements forcés et citadinités à partir de l’étude des déplacés de guerre d’origine rurale, venus se réfugier à Maputo à la fin des années 1980. La déterritorialisation et la mobilité forcée constituent des expériences centrales pour comprendre les modes d’ancrage en ville des deslocados. Le caractère coercitif du déplacement vers Maputo explique que les autorités et la majorité des déplacés aient initialement envisagé leur présence en ville comme un état provisoire. La ville est avant tout le lieu du refuge et de la présence éphémère, avant de devenir celui de l’installation durable, le lieu du « chez-soi ». La citadinisation des deslocados est le résultat d’un processus dialectique faisant interagir les politiques des pouvoirs publics, le contexte urbain, social et familial et leurs pratiques individuelles. Si l’exceptionnalité de la situation légitime dans un premier temps leur présence, elle la rend souvent plus « illégitime » que celle des autres migrants une fois le conflit achevé. Vingt ans après leur arrivée, le maintien en ville des anciens déplacés ne saurait être interprété de façon univoque ; pour certains, il témoigne de territorialisations positives, de leur insertion économique et résidentielle, de leur sentiment d’appartenance à Maputo ; pour d’autres, il renvoie au contraire à un impossible retour, dans le passé et dans leur « terre d’origine » et donc à leur immobilité forcée, plutôt qu’à leur citadinité.

  • Titre traduit

    Forced displacements and « citadinités » (displaced people in Maputo, Mozambique)


  • Résumé

    This thesis deals with the relationships between forced displacements and “citadinités”. It is based on the study of war refugees of rural origin, who sought refuge in Maputo in late 1980. Deterritorialization, displacements and forced mobility are crucial to understand the way deslocados take root in cities. As the original displacement to Maputo was forced, public authorities and the majority of the displaced people initially considered their presence in the city as temporary. The city was primarily a place of refuge and ephemeral presence. It then became a place of permanent settlement, a “home place”. The deslocados arrived in a city facing a crisis. Their “citadinisation” is the result of a dialectical process where the government policies, the urban, social and family contexts and their individual practices interact. Although their exceptional situations first legitimated the deslocados presence, the latter became less legitimate compared to the other migrants settling when the conflict was over. We cannot interpret unambiguously the ongoing presence of former displaced people twenty years after their arrival. For some, it reflects positive territorializations: their economic and residential integration, their sense of belonging to Maputo. Conversely, it refers, for others, to the impossible coming back to their pasts and their "homelands" and thus their enforced immobility, rather than their “citadinité”.

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