La théorie épicurienne du temps

par Marianne Gœury

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Francis Wolff.


  • Résumé

    Il n’y a pas de théorie explicite du temps dans les rares textes du corpus épicurien à aborder cette notion. Ce travail vise à montrer que le temps constitue cependant un élément fondamental dans la compréhension de l’ontologie, de la physique et de l’éthique épicuriennes. Dans une première partie, nous étudions l’exception méthodologique que constitue le temps et concluons que le temps, « accident d’accidents » selon Démétrius Lacon, fait l’objet d’une combinaison originale d’analogie et d’épilogisme, qui ne donne pas lieu à l’inférence d’une prénotion. La deuxième partie approfondit l’étude de la formule « accident d’accidents » en analysant l’héritage aristotélicien des conceptions épicuriennes de l’accidentalité et du temps, et l’originalité d’Épicure. En effet, alors qu’Aristote exclut qu’une substance considérée sous l’angle d’un de ses accidents puisse se voir attribuer un accident, cela est possible pour les agrégats épicuriens, et c’est dans cette perspective qu’il faut comprendre l’accidentalité au second degré du temps. Nous montrons également que le temps épicurien est détaché de tout mouvement cosmologique de référence. La troisième partie attribue à Épicure un « atomisme du temps » à resituer dans le contexte d’objections aristotéliciennes, et soutient l’existence de deux niveaux hétérogènes : les durées continues propres aux mouvements des agrégats sont abstraitement décomposables en quanta de temps, mais elles n’en sont pas composées. La quatrième partie analyse la portée éthique de la conception épicurienne du temps, en particulier dans deux arguments de Lucrèce contre la peur de la mort.

  • Titre traduit

    The Epicurean Theory of Time


  • Résumé

    Very few Epicurean texts deal with the notion of time, and in none of them is there developed an explicit theory of time. However, as the present study aims at demonstrating, an appreciation of the role played by time is essential for a full understanding of Epicurean ontology, physics and ethics. The first part is devoted to time’s methodological exception, and concludes that time, described by Demetrius Laco as an « accident of accidents », is known through an original combination of analogy and epilogism, which does not lead to the inference of any prenotion. The second part focuses on the phrase « accident of accidents », and investigates the role of the Aristotelian heritage in the Epicurean conceptions of accident and time, as well as Epicurus’originality. Indeed, while Aristotle does not allow for the attribution of an accident to a substance considered as already having an accident, such a situation is possible in the case of Epicurean compounds; and time’s second-order accidentality should be understood in that perspective. We also show that in Epicureanism, time is disconnected from any cosmological reference movement. The third part of this study attributes to Epicurus a « time atomism ». Such an attribution must be put into the context of Aristotelian objections. We bring to light two heterogeneous levels: the continuous durations of the compounds’ movements can indeed, in an abstract way, be decomposed into time quanta; but these continuous durations are not composed of such quanta. The fourth part analyzes the ethical implications of the Epicurean conception of time, and concentrates on two Lucretian arguments against the fear of death.

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