Pour une théorie du soin

par Annie-Françoise Noël

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de François Laruelle.

Soutenue en 2010

à Paris 10 .


  • Résumé

    Le modèle théorique qui sert de référence commune aux pratiques (in)dividuelles et institutionnelles du soin, oppose contradictoirement Bien et Mal, santé et maladie, bons et méchants, forts et faibles, savants et ignorants, etc, dans un concept rationnel qui fabrique, subsume, assume et surmonte l’unité paradoxale de deux types de forces a priori tenues pour antinomiques : forces physiques « dangereuses » pour la pensée et forces transcendantales (« le bien ») « condamnées » à lutter contre ce « mal » qui les menacerait, et/ou inversement. A « l’application », ce modèle dialectique qui rend conflictuelles des forces qui ne le sont pas, place chacun en manque de pensée et de sensibilité. Ce qui conduit à obtenir le contraire du « bien » attendu : nature défigurée, vie menacée, rapports humains souvent cruels, mensongers ou cyniques. La structure paradoxale du modèle détermine des situations de double contrainte, certes surmontées en « théorie », mais insurmontables « en pratique », là où le concept prévoit de traiter par le mal ce qui résiste à son « bien ». De là, les croyances en l’onirisme de toute théorie, en la malignité de « l’homme », en une impossibilité ultime du soin et/ou en une contingence globale de ce dernier. Or, ce soin ironique, établi par un sujet identifié au Réel et de là asservi à la machinerie rationnelle qui lui sert de pensée, est symptomatique du soin authentique, lequel n’est pas placé sous l’autorité transcendante de ce sujet aliéné, mais tient nécessairement unies les forces physiques et transcendantales selon l’immanence radicale (du) Réel-Un (dont) elles sont chacune fonction dans leur ordre de réalité. Unies en-Dernière-Identité seulement, selon la structure de la dualité-unilatérale (non-philosophie), ces fonctions incommensurables agissent ensemble sans Dieu ni maître ni paradoxe. De là, ni « Bien » ni « Mal », seulement de la pensée, de la sensibilité, de la douceur, de la dignité, de la solidarité et de la coopération. En deux mots : de la Force (de) Soin.

  • Titre traduit

    Theory of care


  • Résumé

    The theoretical model that makes common reference for (in)dividual and institutional practices of care and cure, sets up contradictory oppositions between Good and Evil, health and illness, the good and the bad, the strong and the weak, the learned and the ignorant, etc, in a rational concept that makes, subsumes, assumes and surmounts the paradoxical unity of two kinds of forces a priori deemed to be antinomical : natural forces “dangerous” to thought (“Evil”), and transcendental forces (“Good”), “sentenced” to struggle against the threat they are representing, and/or vice versa. In practice, this dialectical model forges conflicting forces, determines lacks of thought and sensibility and ends up achieving the opposite of the “good” expected : defaced nature, life threatened and human relations more often cruel, deceitful or cynical. The paradoxical structure of the model, actually traps everybody in double bind situations witch are surmounted “in theory”, but impossible to overcome “in practice”, where the concept compels one to be hard with everything that resists the “Good” it pretends to achieve. Hence, the faiths in theory’s unrealistic nature, in humans’ badness, in final impossibility of cure, and in care’s contingency. In fact, this ironical concept, settled by a subject identified with Real and thus enslaved to the rational machinery that serves to him as thought, is symptomatic of authentic Care, witch is not given under transcendent authority of this alienated subject, but keeps necessarily united, each one in its order of reality, physical and transcendental forces, according to the radical immanence (of) Real-One. United in-the-last-Identity only, these incommensurable functions (of) Real-One work together according to the Unilateral-duality’s structure (non-philosophy), without God nor Master, nor paradox. Hence : no “Good”, no “Evil”, only thought, sensibility, gentleness, dignity, solidarity and cooperation. In two words : Force (of) Care.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (587 f.)
  • Annexes : Bibliogr. 148 réf.

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  • Cote : T10PA100013
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