Que peut-on espérer signifier ? Recherches critiques sur la forme du dire, référentielle et interprétative

par Michel Olivier (Nodjiadjim)

Thèse de doctorat en Epistémologie, histoire des sciences et des techniques

Sous la direction de Jean-Michel Salanskis.


  • Résumé

    Dès lors que le langage est considéré comme une totalité irréductible, à laquelle tout est réductible, la question du sens n’est plus celle de la nature d’un lien entre langage et univers extra langagier. Elle devient une question critique, formulable ainsi avec Francis Wolff : que doit-être le monde pour que nous puissions le dire ? Aborder cette question revient à s’interroger sur la forme du monde en tant que déterminée par les formes a priori contenues dans toute grammaire possible. C’est à cette question, celle des formes a priori contenues dans la grammaire, ainsi qu’aux apports possibles de ces formes à des questionnements philosophiques ancestraux, qu’est consacrée cette thèse. Son cheminement est celui d’une analyse d’un nombre choisi de théories de la signification. Nous effectuons ce cheminement à la lumière de la sémiotique de Peirce, ce qui nous conduit de la théorie des modèles à la grammaire cognitive de Langacker en passant par Montague, Rastier et Petitot. Nous découvrons alors une forme problématique et irréductiblement duale du dire, référentielle et interprétative : celle d’une grammaire nécessairement référentielle œuvrant sur un contenu interprétatif et réflexif, générant une forme dynamique et collectivement convergente. Le dernier chapitre de cette thèse est consacré aux enjeux éthiques de cette forme, que nous formulons avec Lyotard. Ces enjeux nous conduisent à découvrir une exception à notre forme du dire, nécessaire au respect du caractère agrammatical du déictique je, qui manifeste l’indicibilité de l’instance de locuteur qu’est l’humain.

  • Titre traduit

    What may we hope to signify ? A critical research on the form of saying, referential and interpretative


  • Résumé

    If language is to be considered as an irreducible totality to which everything is reducible, then the question of meaning no longer bears on the nature of the link between language and extra-language reality. Instead, it becomes a critical question that we may style along with Francis Wolff : what must the world be for us to say it ? Broaching this question implies questioning the form of the world as it is determined by the a priori forms embedded in any possible grammar. The present thesis is centered on the a priori forms embedded in grammar and evaluates their input to ancestral philosophical interrogations.In this perspective, we proceed to review selected theories of meaning : Peirce’s semiotics, the theory of models, Langacker’s cognitive grammar, as well as Montague, Rastier and Petitot. Hence emerges a problematic and irreducibly dual form of language, which is both referential and interpretative – that of a grammar which is necessarily referential, elaborating on an interpretative and reflexive content and generating a dynamic and collectively convergent form. The final chapter focuses on the ethical stakes of this form such as they have been formulated by Lyotard. This shall lead us to state an exception to our form of saying, necessarily implied by the agrammatical dimension of the deictic « me », which ultimately points towards the unsayability of the human speaker himself.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation. Bibliothèque virtuelle.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.