L’invention du contrôle des risques dans les organismes d’assurance

par Olivier de Lagarde

Thèse de doctorat en Sciences de gestion

Sous la direction de Nicolas Berland.

Soutenue en 2010

à l'Université Paris-Dauphine .


  • Résumé

    L’Union européenne refonde entièrement le dispositif de contrôle prudentiel des organismes d’assurance dans le cadre de la Directive Solvabilité II. En cours de mise en place, la Directive, qui peut être comparée à la norme prudentielle bancaire Bâle II, a surtout été analysée sous l’angle des techniques actuarielles. Mais la réforme soulève aussi des enjeux sociopolitiques importants. En instituant un nouveau contrôle sectoriel des risques, les assureurs – véritables inventeurs du dispositif – démontrent la portée politique de la théorie de l’auditabilité formulée par Power. En effet, les institutions d’assurance qui ont codéfini les normes de sécurité auxquelles elles vont être soumises, attachent davantage d’importance à la promotion de leur conformité aux nouvelles règles prudentielles qu’à l’efficience du dispositif mis en œuvre. Les conséquences potentielles sur le secteur sont pourtant lourdes. L'assurance encourt en effet le risque d’une financiarisation complète, au détriment de sa mission spécifique de protection. Elle pourrait aussi saisir cette opportunité pour réinventer sa diversité. Le contexte de la crise économique, qui a conduit les gouvernants à s’intéresser aux dispositifs de régulation, souligne le paradoxe foucaldien de la surveillance prudentielle de l’assurance : il s’agit de sécuriser une technologie de sécurité. Dans le cadre de la postmodernité financière, le contrôle des risques se politise et vient jouer le rôle du restaurateur de confiance afin de sauver le modèle libéral de ses propres turpitudes

  • Titre traduit

    ˜The œinvention of risk control in insurance institutions


  • Résumé

    The European Union is completely redesigning the system of prudential supervision of insurance institutions as part of the Solvency Directive II. During its implementation, the Directive, which can be compared to the Basel II prudential standard, was analysed above all in terms of actuarial techniques. But this reform is also raising serious sociopolitical issues. By establishing new sectoral control of risks, insurers – the real inventors of the system – are demonstrating the political scope of the theory of auditability formulated by Power. Indeed the insurance institutions that co-defined the security standards to which they are going to be subjected attach more importance to promoting their compliance with the new prudential rules than to the efficiency of the system implemented. The potential consequences for the sector are therefore substantial. Insurance is actually running the risk of complete finaciarisation, to the detriment of its specific mission to protect. It could also seize this opportunity to reinvent its diversity. The context of the economic crisis, which led government officials to take an interest in regulatory systems, underscores the Foucaldian paradox of prudential superivision of the insurance industry: it is a matter of making security technology secure. In the context of financial post-Modernity, risk control is repoliticizing and is playing the role of confidence-booster in order to save the liberal model from its own sins

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  • Détails : 1 vol. (375 p. + annexes)
  • Annexes : bibliogr. p. 346-364. Index

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