La Harpe éolienne et le hasard : Coleridge, Emerson, Thoreau, Cage

par Danielle Follett

Thèse de doctorat en Langues, littératures, et civilisations des pays anglophones

Sous la direction de Noëlle Batt.

Soutenue en 2010

à Paris 8 .


  • Résumé

    La harpe éolienne est un instrument musical qui se compose d’une caisse de résonnance en bois et de cordes au travers desquelles le vent s’engouffre et produit ainsi des sons. Cet objet élémentaire devient une figure poétique, d’abord au XVIIIe siècle en Angleterre, puis à l’époque romantique dans les autres pays européens et aux Etats-Unis. Au cours de son développement, la harpe éolienne apparaît à la fois comme un instrument réel, un topos littéraire et philosophique, le modèle d’une activité cognitive et le modèle d’une pratique artistique. Nous retraçons l’histoire de ce dispositif à travers les œuvres de Samuel Taylor Coleridge, de Ralph Waldo Emerson, de Henry David Thoreau et de John Cage. L’esthétique propre à la harpe éolienne est celle de l’automatisme, où l’artiste cède une partie de l’initiative de la création à un autre agent que lui-même. Nous examinons donc les origines romantiques de l’utilisation contemporaine des méthodes aléatoires en esthétique, et avançons l’hypothèse qu’il existe une filiation majeure bien que souterraine entre les expérimentations d’avant-garde menées après-guerre et certaines formes du romantisme. Nous étudions donc en détail un type de relation qui se noue entre l’artiste et la nature ou l’environnement, avec ses enjeux métaphysiques et épistémologiques. L’ouverture de l’œuvre d’art à la vie, à la nature, et à l’imprévu que l’on peut constater au XXe siècle semble trouver un précédent dans la figure romantique de la harpe éolienne. C’est à l’histoire de cette ouverture esthétique que ce travail est consacré.


  • Résumé

    The aeolian harp is an instrument that consists in a wooden sound box with strings, and that emits a sound when exposed to the wind. This simple object became a poetic figure first in eighteenth-century England and then during the romantic era in Europe and the United States. The wind harp has taken the form of a literal instrument, a literary and philosophical topos, a model of cognitive activity and a model of artistic practice. This thesis traces the history of this device through the works of Samuel Taylor Coleridge, Ralph Waldo Emerson, Henry David Thoreau and John Cage. The aesthetics that corresponds with the wind harp is that of automatic spontaneity, in which the artist yields a part of his or her creative agency to another entity. The thesis examines the romantic origins of the contemporary aesthetic use of aleatory methods, and argues that there exists a strong though underground relation between post-war avant-garde experiments and certain forms of romanticism. It thus studies in detail a certain relation between the artist and nature or the environment, alongside the metaphysical and epistemological issues this relation implies. The twentieth-century opening of the artwork to life, nature and chance appears to have a precedent in the romantic figure of the wind harp. The history of this aesthetic opening is the subject of this thesis.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (477 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 459-477

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
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  • Cote : TH 2979

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