L' école gratuite de dessin de Rouen, ou la formation des techniciens au XVIIIe siècle

par Frédéric Morvan

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Philippe Minard.

Soutenue en 2010

à Paris 8 .


  • Résumé

    L’école publique et gratuite de dessin de Rouen, créée en 1740 sous l’égide de l’académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de cette ville, s’inscrit dans l’histoire de l’éducation autant que dans l’histoire des arts et métiers. Il faut remonter à 1676 et à un édit de Colbert autorisant la création d’écoles académiques en province destinées à offrir aux jeunes artistes, artisans et ouvriers des manufactures une formation théorique de dessin, un apprentissage de la copie, seul instrument de reproduction avant l’invention de procédés mécaniques ou chimiques, dans le but d’améliorer la qualité de leurs productions dans le contexte d’une concurrence commerciale européenne. Mais ce n’est qu’à partir des années 1740 que sont réellement mises en place ces écoles à temps partiel dont certaines existent encore aujourd’hui, comme celle de Paris (EnsAd). Étudiées de manière contrastée par les historiens de l’art et ceux de l’éducation, les écoles gratuites de dessin méritaient une approche différente. Elles sont donc ici envisagées sous l’angle de leur utilité pour les métiers, seule raison de leur création, seule justification de leur financement par l’État et seule garantie de leur pérennité. L’école de dessin de Rouen, dirigée pendant un demi-siècle par un peintre flamand, Jean-Baptiste Descamps, a été la plus importante, non seulement par le nombre et la qualité de ses élèves, mais aussi car elle apparaît comme une expérience pilote destinée à servir de modèle à l’échelle européenne. Ce travail se propose non seulement de montrer l’école dans sa réalité, du moins ce que les archives en ont révélé, mais surtout d’en valider la réussite en suivant les itinéraires professionnels des élèves qui ont pu être repérés. L’enquête a permis d’aller au-delà du trompe-l’œil des beaux-arts, et de l’architecture, et de mettre au jour les débouchés nouveaux qui s’offraient aux élèves aussi bien dans les ateliers de gravure que dans les bureaux des services publics (bâtiments, travaux publics, manufactures royales) ou les agences d’architectes. Si la plupart des élèves ne quittent jamais le milieu de l’artisanat provincial, un certain nombre d’entre eux, soigneusement repérés et formés, deviennent des collaborateurs qualifiés, que l’on n’appelle pas encore des techniciens.


  • Résumé

    The free and public school of design in Rouen was created in 1740 under the auspices of the Academy of Sciences, Humanities and Arts of this town, registered as much in the history of education as in the history of arts and crafts. To put this into perspective, we must go back to 1676 to an edict of Colbert authorizing the creation of academic schools in the provinces, designed to offer young artists, artisans and factory workers theoretical training in drafting, drawing and copying. Copying was the only way to make reproductions before the invention of mechanical and chemical processes, and this was done with the goal of improving the quality of their work in the context of a growing competitive market in Europe. However, it is only after around 1740 that these part-time schools are put into place, and of these, some still exist today (EnsAd). Studied in a contrasting manner by art historians and those of the history of education, the free schools of design deserved a different approach. Instead, we imagined an approach through their professional utility, which was the only reason for their creation, the only justification for their financing by the State, and the only guarantee of their durability. The academic school of design in Rouen, directed for half a century by the Flemish painter Jean-Baptiste Descamps, was the most important not only because of the quality and number of students, but also because the school appeared as a paradigm to the European scale. This work therefore intends to not only show the school in actuality, of which the archives have revealed in the least, but above all to validate its success by following the professional routes of the students who went there. The inquest has allowed us to go beyond the trompe-l’œil of the Fine Arts and architecture and to bring up to date new possibilities that opened themselves up to the students in engraving workshops, in offices of public services (buildings, public works, royal factories) or in architectural agencies. If most students never leave the provincial craft industry, a certain number among them who are carefully chosen and educated, may become qualified collaborators that cannot merely be called technicians.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (892 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 857-892

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
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  • Cote : TH 2986/1,2
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