Du processus de Barcelone à l'Union pour la Méditerranée : une relance des relations entre l'Union européenne et le Machreq ?

par Nardine Al Attrache

Thèse de doctorat en Relations internationales

Sous la direction de Fereydoun A. Khavand.

Soutenue en 2010

à Paris 5 .

Le jury était composé de Tabrizi Ben Salah, Thierry Garcin, Guy Feuer.


  • Résumé

    L'exaspération des crises et des conflits au Machreq rend plus actuelle que jamais la question d'une gestion pacifiée de l'espace méditerranéen. Plusieurs projets euro-méditerranéens vont ainsi être proposés avant le processus de Barcelone de 1995, aucun ne donnant cependant de résultats convaincants. Pour l'Europe, « l'équation de sécurité » fait désormais de la Méditerranée « une zone prioritaire d'importance stratégique ». L'Union Européenne est donc contrainte à la fois à se repenser elle même, à repenser ses frontières et par conséquent à repenser le rapport avec son « Sud », notamment avec le Machreq avec qui elle entretient des rapports historiques. Pour résumer l'enjeu du Machreq est triple pour l'Union. Dans le cadre du réaménagement de sa périphérie, la région du Machreq devient l'espace de rééquilibrage de l'Europe vers le Sud corrélativement à son élargissement à l'Est. Elle est même le lieu de prédilection pour la mise en œuvre de sa politique extérieure et de sécurité commune. Dans ce processus d'édification d’un bloc Europe-Machreq, l'Europe croise la politique méditerranéenne des Etats-Unis. L'adoption de la déclaration de Barcelone en 1995, marque l'avènement d'une politique globale entre riverains de la Méditerranée. Dès lors, l'importance de cette zone pour l'Union Européenne et la volonté d'y jouer un rôle conséquent, n'ont cessé de croître. Depuis, d'autres dispositions ont été prévues, telles que la relance du processus de Barcelone et la politique européenne de voisinage. Les tentatives de réanimation du dialogue se sont avérées sans grande portée à cause du conflit israélo-arabe. Nonobstant, la politique de voisinage suppose une attention particulière dans la mesure où elle prévoit des dispositifs, qui à terme, risquent d'ébranler l'esprit du dialogue politique en « bilatéralisant » les relations entre l'Union Européenne et les partenaires méditerranéens, remplaçant l'initiative partenariale par une tendance hégémonique. Les divers systèmes de coopération mis en place sur les deux rives de la Méditerranée sont indispensables au maintien de la paix et de la stabilité. Imparfaits, mais perfectibles, ils doivent répondre à la satisfaction des intérêts de chacun, soit un besoin de sécurité au Nord et un besoin de prospérité au Sud. L'idée initiale exprimée par le président français Nicolas Sarkozy, dans son discours de Toulon le 7 Février 2007, est de créer une union politique entre pays riverains sur un pied d'égalité. Recadrée, la nouvelle Union pour la Méditerranée, est un retour à Barcelone avec un nodule additionnel limité à la sphère des projets. Ce projet maintient une structure solide de coopération et d'assistance économique, développe une dynamique de projets fédérateurs, et constitue du fait de son articulation, un engrenage modernisateur. Le nouveau système réduit en effet le déséquilibre institutionnel et introduit une part plus consistante de multilatéralisme. Malgré la nouvelle redistribution de rôles, l'Union pour la Méditerranée ne saurait échapper aux tensions et aux exigences de la réalité méditerranéenne. Les tensions du conflit israélo- arabe étouffent le dialogue politique, et toute relance de coopération euro-méditerranéenne s'avère de plus en plus difficile.


  • Pas de résumé disponible.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (353 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 289-314

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Descartes-Bibliothèque de la Faculté de Droit (Malakoff, Hauts de Seine). Service commun de la documentation.
  • Non disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.