Le Comité flamand de France, une société savante frontalière et régionaliste, 1853-1940

par Solange Van Robais (Coussemaker, de)

Thèse de doctorat en Histoire contemporaine

Sous la direction de Jean-Pierre Chaline et de Tom Verschaffel.


  • Résumé

    S'agit-il d'une banale société savante française créée en 1853, ou sa situation frontalière lui donne-t-elle un autre intérêt ? Les sept fondateurs dunkerquois, parmi lesquels le magistrat amateur de musique Edmond de Coussemaker, proche des frères Grimm, avaient à coeur de préserver les vestiges de leur langue populaire, le « flamand de France », participant au mouvement des « mémoires locales ». Ces notables, avec l'aide des curés de village, souhaitaient servir une société chrétienne, inspirée à la fois par les traditions médiévales des villes des anciens Pays-Bas reprises par la Contre-réforme espagnole et par une opposition au centralisme anticlérical hérité de la Révolution. Ils associaient la langue flamande à la religion catholique, comme éléments d'une identité française visant à se démarquer, à la fois de Paris et de leurs voisins flamands-belges, soumis eux aussi défis de la modernité. Un temps attirés par l'idéologie néogothique flamande, ils rentrent d'une façon originale, parfois douloureuse, dans le projet d'intégration des « petites patries » dans la grande, telle que le conçoit la Troisième République peu favorable à ces élites jugées réactionnaires. Durant la période de l'étude, notables ou prêtres, vont pourtant rester fidèles à leur ligne. La reconstruction de cette région, proche du front, après la Première guerre mondiale, donne au chanoine Looten, durant sa présidence de 40 ans, l'occasion de jouer très subtilement, parfois de façon ambigüe, un rôle moteur dans l'organisation d'un régionalisme typiquement septentrional ; tout en assurant la promotion de la langue populaire auprès des jeunes, notamment aux Facultés catholiques de Lille, il vise, avec son ami l'abbé Lemire, le recadrage de la religion dans le sens d'une plus plus grande transcendance et d'une plus grande ouverture au monde et aux questions sociales.

  • Titre traduit

    The « Comité flamand de France », a border and regionalist « learned society », 1853-1940


  • Résumé

    Is it a classic « learned society » created in 1853, or does its border situation provide it another interest? Edmond de Coussemaker, the music lover magistrate and the others fonders living in Dunkerque, were committed to preserving and maintaining the vestiges of their ancient vernacular, the "Flemish in France",participating in the movement of 'local memories'. These local dignitaries, with the help of village priests, wished to serve the Christian society, therein inspired both by the traditions of medieval towns of the Low Countries later on regained by the Spanish catholic reform and the opposition to anticlerical centralism inherited from the Revolution. They associated the vernacular with the catholic religion, as part of a French identity, to distinguish themselves, both from Paris and from their Belgian-Flemish neighbors, and also to submit the challenges of modernity. Once attracted by the Flemish neogothicism and neomedieval ideology, they joined, painfully for some, the integration project of "small countries" in the great nation-state, as conceived by the Third Republic, even though this regime was not favourable towards these elites which were considered reactionary. The reconstruction of this region, near the front, after the First World War, gave the canon Looten during his long presidency, the opportunity to play very subtly, sometimes ambiguously, a role in the organization of typically northern type of regionalism. While ensuring the promotion of the vernacular at the “Facultés catholiques de Lille”, with his friend Jules Lemire, he aims at driving religion in a direction of transcendence as well as larger opening to the word and its social problems.


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