L’expression linguistique du concret chez John Donne : le sentiment dans la langue

par Julie Neveux

Thèse de doctorat en Anglais

Sous la direction de Pierre Cotte.

Soutenue le 29-06-2010

à Paris 4, dans le cadre de Ecole doctorale 5 Concepts et langages (Paris), en partenariat avec CELTA (laboratoire) .

Le président du jury était Pascal Aquien.

Le jury était composé de Pierre Cotte, Pascal Aquien, Claude Delmas, Jean-Jacques Lecercle.


  • Résumé

    Cette thèse travaille sur l’élucidation du sens poétique à l’aide d’outils linguistiques ; elle propose une définition cognitive, phénoménologique et énonciative de la distinction abstrait/concret à partir de statistiques établies sur l’œuvre de John Donne (1572-1631), Meditations upon Emergent Occasions et The Complete English Poems. Le concret résulterait d’une forme de lyrisme indirect, c’est-à-dire non sémiotisé, implicite, auquel le poète aurait recours lorsqu’il serait impliqué affectivement dans une situation de discours. L’expressivité du sujet parlant repose sur une décatégorisation momentanée de catégories disponibles en langue, décatégorisation qui lui permet de dénoncer (implicitement) l’insuffisance des cadres abstraits prévus pour tous pour désigner la singularité de son expérience sentimentale. Les noms en –ness constituent une métaphore grammaticale car ils résultent d’une décatégorisation grammaticale, tandis que les métaphores traditionnelles mettent en jeu une décatégorisation lexicale. La métaphore porte l’empreinte affective du sujet parlant, qui se réapproprie ainsi le langage. La poésie métaphysique de John Donne, oscillant entre métaphores et comparaisons, entre le concret et l’abstrait, apparaît alors comme l’expression d’un travail du sentiment, sentiment d’autant plus travaillé qu’il est religieux, et se construit en l’absence de l’être aimé.

  • Titre traduit

    A linguistic definition of the ‘concrete’ in John Donne’s work : feeling and language


  • Résumé

    This dissertation studies poetic meaning using linguistic tools. It offers a cognitive, phenomenological and enunciative definition of the distinction between the abstract and the concrete, based on statistics carried out on work of the metaphysical poet, John Donne (1572-1631): Meditations upon Emergent Occasions and The Complete English Poems. I argue that the “concrete” is the result of indirect – implied, unsemiotized – lyricism, a form of lyricism used by the poet when s/he is emotionally implicated in a speech situation. The speaker’s expressivity relies on a temporal decategorization enabling him to (implicitly) claim that generalized (abstract) terms are insufficient to articulate the specificity of his own sentimental experience. Words in –ness – grammatical metaphors – result from a grammatical decategorization, while traditional metaphors derive from a lexical decategorization. Metaphors reflect the affect of the incarnate speaker, who thus repossesses language. Lastly, I understand John Donne’s poetry – hinging on metaphors and comparisons, concrete and abstract elements – as expressing a working of feelings, which is the strongest when the feeling is religious and needs to make up for the absence of the beloved.


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