Fiction autobiographique et biographies imaginaires dans l'oeuvre d'Anthony Burgess

par Aude Haffen

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de André Topia.

Le président du jury était Frédéric Regard.

Le jury était composé de André Topia, Frédéric Regard, Catherine Bernard, François Laroque, Alexis Tadié.


  • Résumé

    Allant d’une autobiographie où la fictionnalisation du vécu confine à l’invraisemblable, à des biographies imaginaires où des personae de l’auteur construisent librement la figure de leurs « biographiés », Anthony Burgess jongle avec les pactes de vérité et la fabulation-affabulation. Les vertiges cognitifs des métabiographies postmodernes affleurent en filigrane, mais à la mélancolie de l’impossible résurrection textuelle du sujet biographique, les biofictions érudites de Burgess substituent la prolifération d’existences virtuelles, de mythes, fantasmes et simulacres, pour mieux mettre en question les formes institutionnelles du genre, savantes et commerciales. Au cœur de l’entreprise [auto]biofictionnelle de Burgess, se dessine une tension contradictoire entre un désir de restituer ces « vies » dans leur réalité charnelle, individuelle, démythifiée, et l’inclination mytho-poétique du romancier qui leur impose le filtre de sa vision du monde catholique et manichéenne. Le Marlowe, le Shakespeare, le Mozart, le Napoléon, le Keats de Burgess ne sont-il que des spectres romanesques, dont les référents historiques ont été vampirisés par le romancier-biographe ? Les biofictions de Burgess, où se rencontrent, en même temps que plusieurs subjectivités artistiques, divers modes d’appréhension de l’écriture et de la vie [essai critique, chronotope biographique, flux de conscience moderniste, citation intertextuelle], réaffirment le caractère indissociable de la vie, de la création et de l’oeuvre. Sa quête romantique-humaniste qui cherche à restaurer la singularité existentielle de ses prédécesseurs conteste de l’intérieur la textualité thanatographique moderne.

  • Titre traduit

    Autobiographical Fiction and Fictional Biographies in the Work of Anthony Burgess


  • Résumé

    In his autobiography, where his fictionalizing his « real life » borders on the unbelievable, as well as in his fictional biographies, where authorial personae freely create the figures of their biographees, Anthony Burgess juggles his way between authorial truth commitments and blatant invention. The epistemological void revealed by postmodernist metabiographies is not thoroughly absent, but Burgess’s erudite « biofictions » eschew such melancholy brooding on the impossibility to resurrect the biographee, and, instead, celebrate virtual possibilities of existence, myths, fantasies and simulacra – and, doing so, deflate the naïve seriousness of academic or popular versions of the genre. At the core of Burgess’s literary experiments in the [auto]biographical mode lies a contradictory tension between his desire to fully convey the bodily, individual, de-mythified reality of these lives, and the novelist’s mytho-poetical tendency to filter them through the lens of his Catholic and Manichean worldview. Are his Marlowe, Shakespeare, Mozart, Napoleon and Keats but spectral fictional figures, whose historic real selves have been cannibalized by the idiosyncrasy of the novelist-biographer ? Burgess’s « biofictions » are a confluence of several artistic selves, but also of several ways to comprehend the relationship between life and writing [critical essay, biographical chronotope, modernist flow of consciousness, intertextual quotation], thus reasserting the organic connection between life, creation, and the work of art. His romantic-humanist quest for the singular existential selves of his artist predecessors challenges, from within the text, modern thanatographic textuality.


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