Formes de l'intime, figures d'intimité : pour une théorie psychanalytique de l'intime et des intimités

par Virginie Jacob Subrenat

Thèse de doctorat en Psychologie clinique et pathologique

Sous la direction de Jean-Michel Vives.

Soutenue en 2010

à Nice .


  • Résumé

    L’intime se situe au niveau de ce qui est voilé, caché et tenu secret. Les intimités, quant à elles, relèvent plutôt du champ des mythes et des constructions du logos, lesquelles sont des « pousses » à naître tout autant que des « pousses » à disparaître, du fait de leur lien étroit avec Eros et Thanatos. À partir de ce constat, nous sommes partis de l’hypothèse selon laquelle les figures d’intimités, dans les mythes et les fictions, pouvaient être considérées comme étant des modes de réponse et de défense à ce point intime et mystérieux que représente la question des origines. Pour situer la distinction entre intime et intimités, nous nous sommes basés sur la distinction entre le mythique et le tragique, en posant que l’intime relèvait du tragique, et les intimités du mythique. C’est grâce à l’art, qu’il soit de nature picturale, musicale ou poétique, que nous avons souhaité mettre en évidence une re-présentation du sujet qui ne soit pas identificatoire (à l’instar des intimités), mais plutôt métaphorique, et qui viendrait en écho à l’étranger que « je suis ». En effet, au-delà des intimités marquant l’histoire du sujet, nous situons un point anhistorique intime, se trouvant au niveau de ce « oui » originaire toujours prêt à se réactualiser qu’est la Bejahung. L’intime se situerait là, dans cette présence qui dit « oui », dont l’étrangeté est absolue, et qui, selon nous, marque la présence du sujet de l’inconscient. Cette pensée coïncide d’ailleurs avec l’« extériorité intime » repérée par Lacan, à laquelle il a donné le nom d’extimité. De cette possible réactualisation que permet la Bejahung, nous proposons une éthique de l’intime, caractérisée par le moment où le sujet dit « oui » à cette part étrangère de lui-même qui lui permet de vivre des moments intimes où le temps est alors absolu. Là où les intimités relèvent du figurable, tel dans l’art pictural par exemple, qui donne l’idée d’une ressemblance entre l’esquisse et la réalité, l’intime pour sa part, échappe à la saisie de la ligne. De ce fait, les intimités, de nature spéculaire et fantasmatique, prennent la forme de la figure humaine aux contours limités, tandis que l’intime, lieu de l’incognito radical du sujet, ouvre à l’illimité.

  • Titre traduit

    Intim's"poems and "intimités" figures : for a psychoanalytical theory of the "intime" ans the "intimités"


  • Résumé

    What is “intime” is located in what is dissimulated, hidden and kept secret. While “intimités” depend on the myths and on the constructions of the logos. From this statement, we suggest that the “intimités”, in their relation with constructions based upon myths and fictions, could be considered as defensive answers when we draw nearer the “intime” – a notion filed with mystery, especially when it is closed to the question of the origins. In order to distinguish “intime” and “intimités”, we have used the difference between mystical and tragical concepts. And we have established that “intime” was depending of tragic, while “intimités” depend of the myths. Man finds in the intimacies a representation of his identity. While the notion of “intime” allows a metaphoric re-presentation. This one comes as en echo towards what is strange in “my own being”. For our demonstration, we relay upon the re-presentation which is given by art (what even art is pictorial, musical or poetical). The intimate is located beyond the “intimités”, which are characteristic of the human being, in an an-historical place, which is found in the original “yes”. This sentence, always ready to be repeated, is called Bejahung. In our opinion, we can find the “intime” in this presence saying “yes”, the strangeness of which is total, and which shows that the “subject of the unconscious”. Besides, this idea coincides with the external side of the intimate, mentioned by Lacan and named by him “the extimity”. From this possible re-actualization offered by the Bejahung, we suggest to study an ethic of the intimate, characterized when the subject says “yes” to this unknown part of himself. This part of his being gives him the possibility to live intimate moments, as where time is absolute. Besides, if “intimités” depend of what can be represented, as it comes with pictorial art, “intime”, for its part, cannot be represented. Consequently, “intimités” which are specular and fantasmatic, take the form of human figure, and are defined structurally by limited contours. While “intime”, place of radical incognito, opens with unlimited.

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Informations

  • Détails : 283 p.
  • Annexes : Bibliogr.p 262-271. Index. Résumés en français et en anglais

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  • Bibliothèque : Université Nice Sophia Antipolis. Service commun de la documentation. Bibliothèque Lettres, Arts, Sciences humaines-Henri Bosco.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 2010 NICE 2006
  • Bibliothèque : Université Nice Sophia Antipolis. Service commun de la documentation. Bibliothèque Lettres, Arts, Sciences humaines-Henri Bosco.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 2010 NICE 2006 Bis
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