Incertitude et comportement des analystes financiers : une comparaison des entreprises de haute et faible technologie

par Touafik Elkemali

Thèse de doctorat en Sciences de gestion

Sous la direction de Véronique Bessière et de Hamadi Matoussi.

Le jury était composé de Véronique Bessière, Hamadi Matoussi, Alain François-heude.

Les rapporteurs étaient Pascal Grandin, Michael Kaestner.


  • Résumé

    Cette étude examine l'impact de l'incertitude sur l'optimisme et l'excès de confiance des analystes financiers. Les données de l'étude, portant sur 1758 entreprises européennes et concernant la période 1997-2007, sont extraites de la base de données IBES. Étant donné que notre période d'étude comporte un krach boursier en 2000-2001, nos tests ont été conduits avec une comparaison pré- et post-krach. L'incertitude informationnelle est approximée par l'intensité technologique. Les firmes technologiques se caractérisent par une forte incertitude liée à l'aboutissement de leurs projets d'innovations, à la forte rapidité de l'évolution technologique et au traitement comptable spécifique des immatériels. La dispersion de prévision a été utilisée aussi comme deuxième mesure de l'incertitude pour tester la robustesse des résultats fondés sur le caractère technologique. A travers les études antérieures, nous avons montré que l'optimisme des analystes est, d'une part, rationnel, justifié par des incitations économiques et, d'autre part, comportemental expliqué par le phénomène de sur-réaction aux bonnes informations et la sous-réaction aux mauvaises informations. L'excès de confiance implique une sur-réaction aux informations privées et une sous-réaction aux informations publiques. Les résultats obtenus, en se basant essentiellement sur les méthodologies développées par Amir et Ganzach (1998), Easterwood et Nutt (1999) et Bessière et Kaestner (2008), montrent un optimisme plus fort pour les firmes technologiques qui s'atténue et même disparait lorsque l'horizon de prévision décroit. Le phénomène de sur-réaction aux bonnes informations et de sous-réaction aux mauvaises informations est plus fort pour les firmes de haute technologie lorsque l'horizon de prévision est lointain. Ce phénomène s'affaiblit plus pour ces firmes et même s'inverse lorsque la date d'annonce du bénéfice estimé s'approche. Les erreurs de prévisions deviennent moins optimistes pour ces firmes voir même pessimiste. L'analyse pré- et post-krach montre un optimisme plus fort pour les entreprises de haute incertitude avant le krach. Cet optimisme disparait après le krach essentiellement chez les firmes technologiques. L'étude montre aussi que les analystes sur-réagissent plus aux informations privées et sous-réagissent plus aux informations publiques relatives aux entreprises de haute technologie par rapport à celles de faible technologie. L'excès de confiance disparait progressivement à mesure que l'on s'éloigne de la date d'annonce de l'information publique. Il s'atténue significativement après le krach plus précisément pour les firmes de haute technologie. Les résultats trouvés avec la distinction haute/faible dispersion sont globalement similaires à ceux trouvés avec la décomposition haute/faible technologie.

  • Titre traduit

    Uncertainty and financial analysts' behavior : a comparison of high and low technology firms


  • Résumé

    This study examines the impact of uncertainty on optimism and overconfidence of the financial analysts. The data of the study, concerning 1758 European firms and covering the period 1997-2007, are extracted from the IBES database. Given that our period of study includes a stock market crash in 2000-2001, our tests were driven with a comparison pre- and post-crash. Informational uncertainty is approximated by technological intensity. The high-tech firms are characterized by a strong uncertainty linked to the culmination of their innovation projects, to the strong speed of technological evolution and to the specific accounting treatment of the intangible investments. The forecast dispersion was also used as second measure of uncertainty to test the robustness of results based on the technological characteristic.Across the previous studies, we showed that the optimism of the analysts is, on the one hand, rational justified by economic instigations and, on the other hand, behavioral explained by the phenomenon of over- reaction to good information and under-reaction to bad information. The overconfidence implies an over- reaction to private information and under-reaction to public information. Our results, principally based on the methodologies developed by Amir and Ganzach (1998), Easterwood and Nutt (1999) and Bessiere and Kaestner (2008), show a stronger optimism for the high-tech firms compared to low-tech firms. This optimism reduces and even disappears when the forecast horizon decreases. The phenomenon of over-reaction to good information and under-reaction to bad information is stronger for the high-tech firms when the forecast horizon is distant. This phenomenon decreases more for these firms and is even reversed when the expected earnings announcement date approaches. The forecast error becomes less optimistic for these firms and even pessimistic with the reduction of forecast horizon. The analysis pre- and post-crash shows a stronger optimism for the high-uncertainty firms before crash. This optimism disappears after crash principally to the high-tech firms.Study shows also that the analysts over-react more to the private information and under-react more to the public information related to the high-tech firms in comparison with low-tech firms. The over confidence disappears progressively as one moves away from the announcement date of public information. It decreases significantly after crash especially for the high-tech firms. The results found with the differentiation high / low dispersion are on the whole similar to those found with the decomposition high/low-tech.


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