Biens publics, groupes d'intérêt, mobilité et système politique

par Liping Xiao

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Guillaume Cheikbossian.

Soutenue le 03-09-2010

à Montpellier 1 , dans le cadre de Économie et Gestion de Montpellier (École Doctorale ; 2009-2014) , en partenariat avec LASER - Laboratoire des Sciences Economiques de Richter (laboratoire) .

Le jury était composé de Guillaume Cheikbossian, Jacques Percebois, Fabien Moizeau.

Les rapporteurs étaient Wilfried Sand-Zantman, Georges Casamatta.


  • Résumé

    Cette thèse étudie respectivement les effets des lobbies, de l'information et de la mobilité des individus sur les biens publics. Tout d'abord, nous considérons un pays composé de deux régions dont les habitants ont des préférences différentes pour les biens publics, et nous comparons les systèmes centralisé, fédéral et décentralisé en termes de bien-être agrégé du pays et de bien-être de chaque région en l'absence de lobby, en présence d'un lobby exogène, et en présence de lobbies endogènes. Nous trouvons que par rapport au cas sans lobby, la présence d'un lobby exogène (ou endogène) réduit l'avantage d'un système centralisé par rapport à un système fédéral, et celui de ce dernier par rapport à un système décentralisé en termes de bien-être agrégé du pays. Mais la présence d'un lobby exogène ou de lobbies endogènes ne change pas forcément pour les régions le système pour lequel les résidents ont un bien-être net plus élevé entre un système fédéral et un système décentralisé. Cela est dû principalement au fait que l'effet de "free riding "dans un système décentralisé ou les économies d'échelle du bien global dans un système fédéral l'emporte sur l'effet de lobbying. Ensuite, nous considérons une union fédérale et un pays en dehors de l'union qui est composé de deux régions dont les habitants ont des préférences différentes pour le bien public. Nous étudions l'intérêt des régions composantes du pays à entrer dans l'union sous l'hypothèse que ce pays est autorisé à intégrer l'union. Cette étude est faite dans un contexte où l'union ne connaît pas exactement la préférence politique moyenne des habitants du pays candidat à l'entrée. Nous démontrons d'abord que la région qui a une préférence plus élevée soutient plus facilement l'entrée de son pays dans l'union puisque les individus ayant une préférence plus élevée préfèrent un bien public plus grand. Ensuite, nous concluons que grâce à un programme révélateur complet de dépenses du lobbying du pays entrant conçu par le gouvernement central de l'union et à la connaissance commune de la capacité à s'organiser du pays, une information antérieure plus précise du gouvernement central de l'union sur la préférence moyenne des habitants du pays candidat favorise son entrée. Nous constatons par ailleurs que le pays a intérêt à entrer dans l'union pour une préférence politique moyenne des habitants de l'union d'origine plus faible qu'un certain seuil car les résidents de l'union contribuent en faveur du pays entrant. Et si cette préférence est très élevée et dépasse un certain seuil qui dépend de la qualité de la croyance antérieure du décideur, les résidents du pays candidat deviennent purs contributeurs du bien public, alors ils peuvent être découragés d'y entrer. Enfin, nous analysons l'impact de la mobilité des individus sur les politiques régionales et le bien-être du groupe majoritaire de chaque région. Nous trouvons que la mobilité ne rend pas certainement les politiques plus arrangeantes, c'est-à-dire qu'en présence de mobilité, les politiques régionales ne sont pas toujours plus proches de celles préférées par les minorités à cause des externalités entre les biens régionaux et à une fonction quadratique du coût du bien public. Nous concluons également qu'il existe un équilibre stable et unique lorsque le coût de migration des individus est dispersé. Et dans ce cas la présence de mobilité augmente le bien-être du groupe majoritaire de chaque région si les externalités sont importantes. Cela est dû au fait que la redistribution des individus entre les régions par la migration entraîne des utilités Pareto-améliorantes. Mais cette amélioration des utilités des majorités des deux régions peut défavoriser l'intégration.

  • Titre traduit

    Public goods, lobbies, mobility and political system


  • Résumé

    This thesis surveys the impacts of lobbies, information, individual mobility upon public goods respectively. We divide the materiel into three parts. First of all, we analyze the effects of lobbies on the comparative advantage of a centralized system, a federal system or a decentralized system in a model of public-goods provisions where two regions, components of a country, differ in terms of preference of their residents for public goods and externalities between local public goods exist. We thus find an exogenous lobby or endogenous lobbies shrink the advantage of a centralized system compared to a federal system and that of a federal system compared to a decentralized system in terms of social welfare of a country, but it does not necessarily change the system a region has a better net wellness in between a federal system and a decentralized system. Then, we examine the attitudes of jurisdictions facing up to the possibility of becoming a member of a federal union when the decision-maker of the union's public goods does not know exactly the preference of the individuals in the candidate jurisdiction for public goods. In this part, we show that a region of which residents have a higher preference for public goods holds up more easily the entry of its country into the union as the residents prefer a higher public good, and a weak preference of the residents of the union encourages the candidate's entry since the residents of the union contribute for those of the entrant country. Interestingly, a more precise belief of the union's policy decision-maker over the average preference of the candidate country's residents for public goods economizes the entrant country's lobbying expenses, so encourages its entry. Finally, we consider a model of police-induced migration between two independent regions with a heterogeneous population in terms of preference for public goods and migration costs. Then, we deal with a problem of equilibrium existence. We argue that there is a stable and single equilibrium when costs of migration are sufficiently dispersed among individuals or externalities are very important. In that case, mobility of individuals is Pareto-improving targeting the ethnic majority's utility of each region. In particular, mobility does not lead necessarily to more accommodate local policies in case of independence because of externalities and a quadratic function of public goods cost.

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