Miroirs d'Aline : ethnocritique d'un roman de Charles Ferdinand Ramuz

par Françoise Ménand Doumazane (Ménand)

Thèse de doctorat en Langues, littératures et civilisations

Sous la direction de Jean-Marie Privat.

Le président du jury était Philippe Hamon.

Le jury était composé de Daniel Fabre, Daniel Maggetti, Jean-Loup Trassard, Jean-Michel Wittmann.


  • Résumé

    "Miroirs d’Aline" propose une lecture ethnocritique du premier roman de Charles-Ferdinand Ramuz, publié en 1905 en coédition à Paris et à Lausanne. L’essai présente trois parcours de recherches dont le point de départ est une lecture culturelle des vingt-sept premières années de l’écrivain, de sa naissance à l’édition d’Aline. Le croisement d’analyses poétique, anthropologique, ethnologique, sociologique et ethnocritique permet de circuler dans les textes ramuziens – roman, récit autobiographique, correspondance, journal – comme dans des cosmologies. La sélection et l’étude de biographèmes dessinent ainsi la cartographie d’un territoire littéraire et humain dont les signes clés sont circulations, passages et transactions.Le matériau textuel d’Aline est fort riche. Avant-texte, texte publié, rééditions, font entendre les voix polyphoniques et belligérantes d’un discours sur le monde. L’étude de la pluralité culturelle constitutive de l’œuvre révèle au travers de motifs tels que celui des boucles d’oreilles l’histoire d’une jeune héroïne au destin manqué. Elle analyse des logiques et des traits culturels manifestés dans et par le texte d’Aline. Ainsi la dynamique culturelle du roman prend-elle véritablement sens dans le repérage d’un zoème. La taupe, animal chtonien, et le taupier, figure boiteuse, par un travail scriptural d’appropriation et de réappropriation qui est le fait de l’écrivain, donnent sens au texte d’Aline et en énoncent le pacte originel et fictionnel. Une lecture ethnogénétique de l’avant-texte d’Aline suivie d’une lecture des rééditions successives et de leurs variantes confirme cette culture du texte.La démarche même de l’ethnocritique appelle un retour réflexif sur le parcours intellectuel et sensible qui mène à la lecture proposée. Tout travail conceptuel s’enracine dans une expérience personnelle et la posture de celui ou celle qui organise cette lecture peut être l’objet d’une analyse. Ainsi la lecture d’Aline conduit-elle à un bref essai d’auto-ethnologie. L’étude d’Aline, petit livre-miroir, prend alors la forme d’un work in progress qui tente de rendre compte non seulement de l’écriture du texte ramuzien mais aussi de celle du présent essai. La mise à l’épreuve du texte par l’ethnocritique est confrontation par la lecture et l’écriture à l’autre, au monde, à soi. Tel est l’horizon dialogique et critique vers lequel convergent les trois parcours de "Miroirs d’Aline"

  • Titre traduit

    Mirrors of Aline : an ethnocritical reading of Charles-Ferdinand Ramuz’s novel


  • Résumé

    “Mirrors of Aline” puts forward an ethnocritical reading of Charles-Ferdinand Ramuz’s first novel, which was published in coedition in Paris and Lausanne in 1905. This study explores three different paths of research, starting with a cultural reading of the writer’s first twenty-seven years, from his birth through the publication of Aline. Mixing literary, anthropological, ethnological, sociological and ethnocritical approaches makes it possible to circulate in Ramuzian texts — novels, autobiographical writings, letters, diaries ¬— as in cosmologies. The selection and study of biographemes thus helps chart a literary and human territory whose key signs are circulation, passage, and transactions.Aline’s textual material is abundant. In the avant-texte, the original text and following editions, can be heard the polyphonic, conflicting voices which make up a discourse on the world. The analysis of the cultural plurality inherent in the novel shows how motifs such as the earrings tell the story of a young, star-crossed heroine. It examines logics and cultural characteristics that manifest themselves in — and are manifested by — Aline’s text. The cultural dynamics of the novel thus fully make sense only when seen through the study of a zoeme. The mole — a chtonian animal — and the limping figure of the mole catcher give meaning to Aline, and lay out the original and fictional pact. An ethnogenetic reading of avant-texte of Aline, followed by an examination of successive editions and textual variants, validates the existence of a process of culture of the text.The very methodology of ethnocriticism calls for a reflexive look at the intellectual and sensory experience that lead to the proposed reading. Every conceptual work has roots in its author’s personal experience, and the posture of the person who engages in literary criticism can be analyzed. The study of Aline thus gives way to a short attempt at self-ethnology. A little mirror-like book, it evolves into a work in progress that endeavors to give an account not only of the writing of the Ramuzian text, but also this dissertation. Looking at a text from an ethnocritical perspective implies an encounter, through reading and writing, with the other, the world, and one’s self. Such is the critical and dialogic horizon of the threefold exploration on which “Mirrors of Aline” sets out

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