Le sens de l'espace muséal : analyse sémiotique des éléments muséographiques

par So-Hyun Ahn

Thèse de doctorat en Philosophie. Muséologie

Sous la direction de Bernard Deloche.

Soutenue en 2010

à Lyon 3 .

  • Titre traduit

    ˜The œsens of museum space : semiotic analysis of museographic elements


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  • Résumé

    En tant que média doté d’une capacité de communication aussi manifeste que sa spécificité, le musée cherche à établir son propre langage muséographique. Et l’espace, parmi les divers supports du sens muséal – tels que le texte et l’objet –, joue pour cela un rôle important, avec son mode de signification intuitif. En vertu de la tendance des musées d’aujourd’hui à moins s’appuyer sur le signe préalablement codé que sur le signe fonctionnant in situ en interaction avec le public, une méthode sémiotique indépendante de la logique linguistique s’impose, corrélative à la pratique spatiale et corporelle du visiteur. La sémiotique de Ch. S. Peirce fournit un modèle pour expliquer le sens de l’espace muséal. Son schéma analytique du signe et sa typologie des signes lui servirent de base pour constituer la sémiose, processus interprétatif du signe, qui permet de mettre au jour de multiples transformations de sens au sein de l’espace muséal. Notamment, le type de sémiose qui correspond le plus souvent à la méthode artistique, montre un passage du sens conventionnel au sens intuitif à travers un processus physique, corporel, spatial voire sensori-moteur : dans la terminologie de Peirce, c’est le processus indiciel. L’indice peircien bouscule la pensée figée, si bien qu’il offre une nouvelle réflexion ouverte. Analysés d’après l’angle de la sémiose peircienne, les divers éléments de la muséographie – couleur, accrochage, parcours, éclairage, cadrage, vitrinification, soclage – révèlent, au long de l’histoire de leur développement, dans quelle mesure la mise en espace « indicielle » est féconde et puissante dans la création de nouveaux sens, par comparaison avec les symboles figés ou dogmatisés. Étant donné que le musée est, en tant que tel, une institution saturée de sens symboliques, relatifs à la valeur des objets, au pouvoir institutionnel et même à l’État culturel, l’objectif de la création du langage muséographique devrait être de perturber l’action des symboles dogmatisés et de créer in situ des sens ouverts qui puissent guider le public vers une réflexion libre.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (288 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 275-288

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