Dans les abysses de l’infidélité : les poursuites judiciaires contre les rebelles et les ennemis de l’Église : (Italie du Nord et du Centre, 1ère moitié du XIVe s.)

par Sylvain Parent

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jacques Chiffoleau.

Soutenue le 26-11-2010

à Lyon 2, dans le cadre de École doctorale Histoire, géographie, aménagement, urbanisme, archéologie, sciences politiques, sociologie, anthropologie (Lyon), en partenariat avec Histoire et Archeologie des mondes chretiens et musulmans medievaux (laboratoire) .

Le président du jury était Jean-Louis Gaulin.

Le jury était composé de Jean-Claude Maire Vigueur, Bruno Lemesle, Élisabeth Crouzet.


  • Résumé

    Au début du XIVe siècle, les premiers papes d’Avignon sont confrontés, en Italie du Nord et dans les terres de l’Église, à un important mouvement de contestation de leur autorité, dans un contexte de développement des régimes seigneuriaux. Parmi les principaux acteurs de cette opposition figurent les représentants de familles alors en pleine expansion, tels Matteo Visconti et ses fils (Galeazzo, Marco, Luchino, Stefano et Giovanni) à Milan, les marquis Rinaldo et Obizzo d’Este à Ferrare, Federico da Montefeltro à Urbino, ainsi que d’autres seigneurs ou communautés de plus faible envergure dans la Marche d’Ancône ou dans le Duché de Spolète. Le paroxysme de ces tensions a lieu sous le pontificat de Jean XXII (1316-1334). Pour faire face à ces oppositions multiples, la voie judiciaire est très largement utilisée, dans le cadre ordinaire des juridictions temporelles comme dans celui, plus spectaculaire, de l’officium Inquisitionis. Au cours des années 1320 en effet, plusieurs de ces seigneurs sont à la fois condamnés comme rebelles de l’Église et comme hérétiques. Cette thèse analyse ainsi les traces archivistiques abondantes et variées produites à l’occasion de ces conflits, conservées aux Archives vaticanes et à la Bibliothèque vaticane, et montre comment la Papauté a procédé, en partie grâce au procès, à la construction juridique, idéologique et rhétorique d’une figure de l’ennemi et du « tyran » gibelin.

  • Titre traduit

    Into the abyss of infidelity : legal proceedings against rebels and enemies to the catholic Church : (Northern and Central Italy, first half of the 14th century)


  • Résumé

    In the early 14th century, the first popes of Avignon were confronted with a large movement of protest against their authority in Northern Italy and in the States of the Church at a time when the power of the lords was increasing. Among the main actors of this protest were the members of noble families, such as Matteo Visconti and his sons - Galeazzo, Marco, Luchino, Stefano and Giovanni - in Milano, marquesses Rinaldo and Obizzo d’Este in Ferrare, Federico da Montefeltro in Urbino, as well as other lords or less powerful communities in the March of Ancona or in the duchy of Spoleto. The protest reached a climax of unrest during the pontificate of John XXII (1316-1334). To face those numerous oppositions, legal proceedings were widely used within the usual framework of the temporal jurisdiction or following the more spectacular rules of the officium Inquisitionis. Indeed, in the 1320s, several of those lords were sentenced as rebels to the Church, and as heretics. This PhD offers an analysis of the documents made during those conflicts, located in the archives of the Vatican and of the Vatican Library, and shows how, thanks to legal proceedings, the papacy used the law, ideology and rhetoric to construct a figure of the enemy and of the ghibelin “tyrant”.

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