L’empereur et le moine : recherches sur les relations entre le pouvoir impérial et les monastères à Byzance, du IXe siècle à 1204

par Rosa Benoit-Meggenis

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Denis Menjot.

Soutenue le 09-10-2010

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Histoire, géographie, aménagement, urbanisme, archéologie, sciences politiques, sociologie, anthropologie (Lyon) , en partenariat avec Histoire et Archéologie des mondes chrétiens et musulmans médiévaux (laboratoire) .

Le président du jury était Jean-Claude Cheynet.

Le jury était composé de Michel Kaplan, Élisabeth Malamut, Christophe Giros, Vincent Déroche.


  • Résumé

    Le pouvoir impérial joua à Byzance, à partir du IXe siècle, un rôle déterminant dans l’apparition et l’enrichissement des monastères en accordant de nombreux privilèges fiscaux et sa protection constante face aux empiètements de l’administration fiscale et épiscopale. La lecture des sources suggère que l’empereur obéissait à des intérêts supérieurs à ceux des bureaux du fisc et que la fondation ou la protection des monastères répondaient à des préoccupations spirituelles, idéologiques et politiques. Les monastères impériaux, en particulier, étaient soumis à des obligations contraignantes qui relevaient à la fois des droits privés de l’empereur, tels que l’obligation d’accueillir les membres de la famille impériale, et de ses droits régaliens ; ces monastères servaient de prisons politiques aux opposants de l’empereur, parfois aux empereurs déchus et à leurs proches, et étaient à la disposition du souverain qui pouvait les donner à ses partisans.L’insistance mise par les chroniqueurs à souligner l’amitié des empereurs pour les moines procède de leur volonté d’affirmer la légitimité du pouvoir de ces souverains, malgré leurs fautes ou leur déchéance, afin de maintenir la continuité de l’autorité impériale. Si la légitimité du souverain pouvait suivre à Byzance plusieurs voies et s’accommoder de la violence, elle ne pouvait se passer de l’assentiment divin. Les moines, proches de Dieu grâce à leurs vertus et intercesseurs privilégiés des hommes, étaient assurément les meilleurs garants de cette légitimité. L’idée de la supériorité de la dignité monastique, développée par les écrits monastiques et les Vies de saints, semble avoir trouvé un écho dans les sources narratives dont les récits ont contribué à l’élaboration d’un nouveau modèle idéologique, celui d’une basileia renforcée par des valeurs monastiques.

  • Titre traduit

    The emperor and the monk : research on the relationship between the imperial power and the monasteries in Byzantium, from the IXth century to 1204.


  • Résumé

    Starting from the IXth century, the imperial power played in Byzantium a significant role in the emergence and enrichment of monasteries, by providing several fiscal privileges and by giving constant protection against the encroachments of the fiscal and the episcopal administration. According to the literature, the emperor obeyed to interests superior to those of the fiscal administration, and the foundation or the protection of monasteries was due to spiritual, ideological and political concerns. The imperial monasteries, in particular, were subject to restrictive obligations which were sometimes the private rights of the emperor, such as the obligation to welcome the members of the imperial family, and other times his kingly rights ; these monasteries served as political prisons for the ones against the emperor, sometimes for the dethroned emperors and their closed ones, and they were available to the sovereign who could give them to his followers.The emphasis made by historians to underline the friendship of the emperors towards the monks proceed from their will to confirm the legitimacy of the power of these sovereigns, despite their mistakes or their decline, in order to maintain the continuation of the imperial authority. If the legitimacy of the sovereign could follow several routes in Byzantium and get used to the violence, it could not do without the divine consent. The monks, close to God thanks to their virtues and intercessors privileged of men, were definitely the best ones to guarantee this legitimacy. The idea of the superiority of the monastic dignity, developed by the monastic literature and the Lives of the saints, seems to have found an echo in the narrative sources whose recites have contributed to the elaboration of a new ideological model, that of a basileia reinforced by monastic values.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.