L’intérimaire longue-durée : un prisme pour comprendre les transformations de la norme salariale

par Hervé Cazeneuve

Thèse de doctorat en Sociologie et anthropologie

Sous la direction de Dietrich Hoss.

Soutenue le 02-04-2010

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences économiques et gestion (Lyon) , en partenariat avec Mondes et dynamiques des sociétés (Lyon ; Saint-Étienne) (laboratoire) .

Le président du jury était Gilles Herreros.

Les rapporteurs étaient François Michon, Michel Gollac.


  • Résumé

    Par définition, les intérimaires ne sont liés que par des contrats temporaires et pourtant on constate que 165 000 personnes ont travaillé pendant plus de six mois en intérim chaque année entre 1998 et 2002. L’existence de ces intérimaires longue-durée est ici interrogée en partant de l’hypothèse que leur maintien dans cette forme d’emploi est lié à l’état de la norme salariale qui perd peu à peu sa place de principe organisateur de la société française. Plusieurs éléments permettent de comprendre ce maintien. Le premier est un rapport de confiance activement entretenu entre l’intérimaire et l’agence d’intérim. Deuxièmement, il est nécessaire pour les intérimaires longue-durée, de posséder des attaches familiales ou immobilières. Enfin, au sein des entreprises utilisatrices, les rapports entre intérimaires et embauchés sont facilités par l’affaiblissement du sentiment de sécurité lié au contrat à durée indéterminée.Les bonnes raisons du maintien en intérim sont donc liées à la crainte du chômage mais aussi à l’abandon du compromis entre sphères politiques et économiques de l’Etat assurantiel. La sécurité qu’apporte l’emploi stable est remise en cause alors qu’il est nécessaire pour obtenir les prêts qui mènent à la propriété immobilière. Or, cette dernière semble reprendre sa place de garant et permet à ceux qui y ont accès de sortir du continuum salarial sans subir de sanctions et de participer à son affaiblissement.

  • Titre traduit

    The long-term temporary worker : a prism for understanding the transformations of the wage norm


  • Résumé

    By definition, temporary workers are only bound by temporary contracts, yet we find that, between 1998 and 2002, 165 000 people have been employed as temporary workers each year for more than six months.In this research, we raise the question of the existence of these long term temporary workers through the presumption that their existence is linked to the state of the wage continuum that is gradually losing its place as the organizing principle of French society. Through a qualitative survey, we highlight the importance of several elements. First, trust is actively maintained between the temporary worker and the agency. Secondly, the long-term temporary workers rely on family or estate to secure their position. In addition to these prerequisites, we find that, when sent on a mission, temporary workers benefit from the weakening of the security feeling that permanent contracts used to provide.Good reasons behind long term-temporary work are related to the fear of unemployment and to the resignation of the trade-off between political and economic spheres that gave birth to the insurance-State. The security of steady employment is now being questioned while it is needed to obtain loans necessary to purchase home ownership. At the same time, the latter seems to take its place as guarantor and allows home owners to deviate from the continuum wage without repercussion while participating in its weakening.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.