Démences en Afrique Subsaharienne : outils, prévalence et facteurs de risque

par Maëlenne Mari Guerchet

Thèse de doctorat en Médecine. Santé publique

Sous la direction de Jean-Pierre Clément et de Victor Aboyans.

Soutenue en 2010

à Limoges .

  • Titre traduit

    Dementia in Sub-Saharan Africa : tools, prevalence and risk factors


  • Résumé

    Suite au vieillissement de la population mondiale et compte-tenu de la transition épidémiologique en cours, les démences deviennent un problème majeur de santé publique dans les pays en développement. En effet, les conséquences humaines, sociales et économiques liées aux démences et à la maladie d’Alzheimer sont lourdes. Les premières estimations de la prévalence des démences dans les pays en développement étaient faibles, souvent inférieures à 5%, contrastant avec les observations faites dans les pays développés où la prévalence variait entre 5 et 20%. Peu de recherches sur les démences ont été menées en Afrique alors qu’une augmentation de 93% de la population de personnes âgées vivant en Afrique Subsaharienne est prévue par l’OMS entre 2000 et 2020. Au cours de cette thèse, nous avons étudié les outils permettant de dépister les démences dans les pays à faibles revenus en zone tropicale, où les différences culturelles et l’illettrisme sont importants. L’âge des sujets devant être déterminé avec précision lors d’enquêtes épidémiologiques sur les démences, une méthode d’estimation de l’âge via des repères historiques a été validée. Trois études épidémiologiques en population générale ont été conduites en Afrique francophone : à Djidja (Bénin), à Bangui (République Centrafricaine) et à Brazzaville (Congo), afin d’estimer la prévalence des démences chez les sujets de plus de 65 ans et d’étudier les facteurs de risque de ces affections. Ces études, par la méthode de porte-à-porte, ont permis de dépister environ 500 sujets dans chaque zone avec le Community Screening Interview for Dementia et le Test des 5 mots. La prévalence des démences était faible en zone rurale béninoise (2,6%), alors qu’elle était plus élevée dans les villes d’Afrique Centrale (8,1% à Bangui et 6,7% à Brazzaville). L’âge et les symptômes dépressifs au moment de l’étude étaient les deux facteurs les plus souvent significativement associés aux démences dans ces populations, tandis que la non scolarisation n’était jamais associée aux démences. L’association des démences avec l’Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI) a été plus particulièrement explorée en Afrique Centrale. Alors que la prévalence de l’AOMI était élevée dans la population âgée (15,0% à Bangui et 32,4% à Brazzaville), un Index de Pression Systolique faible (<0,9) était associé à la présence de démences, même après ajustement sur les facteurs de risque de démences et de maladies cardiovasculaires. Les recherches sur les démences dans les pays à faibles ou moyens revenus ont progressé durant ces dernières années. La prévalence des démences semble varier d’une région d’Afrique à l’autre, selon le milieu urbain ou rural. En plus des facteurs de risque usuels, certains facteurs de risque psychosociaux semblent jouer un rôle dans la survenue de démence.


  • Résumé

    Given the ageing population worldwide and the consequent epidemiological transitions, dementia is now a major public health concern in developing countries. The burden of dementia implies human, social, and economical consequences. First estimates of dementia prevalence in developing countries reported low rates (<5%) contrasting with observations made in developed countries, ranging from 5 to 20%. Few studies have been carried out in Africa whereas african elderly population will dramatically increase by 2025. During this PhD thesis, we studied the different tools allowing to screen dementia in low income countries, where culture differences and illiteracy are important. The determination of age in epidemiological studies focused on neurodegenerative disorders like dementia is of great importance, so a method to estimate the age with historical landmarks was validated. Three population-based studies were carried out in french speaking african countries: in Djidja (Benin), in Bangui (Central African Republic) and in Brazzaville (Congo), in order to estimate prevalence of dementia in elderly over 65 years and to study risk factors for this affection. By a door-to-door approach, these studies allowed to screen about 500 subjects in each study site with the Community Screening Interview for Dementia (CSI-D) and the Five Words Test. The prevalence of dementia was low in the rural area of Benin (2. 6%), whereas it was higher in Central African cities (8. 1% in Bangui and 6. 7% in Brazzaville). Age and current depressive symptoms were the two factors most significantly associated with dementia in these populations. Surprisingly, the absence of schooling was never associated with dementia. The association between dementia and Lower-Extremities Peripheral Artery Disease (PAD) has particularly been explored in Central Africa, using the ankle-brachial index as a marker of PAD and general atherosclerosis. While the prevalence of PAD was high in elder population (15. 0% in Bangui and 32. 4% in Brazzaville), a low ABI (<0. 9) was often associated with dementia, even after adjustment on CVD and dementia risk factors. Researches on dementia in low-income countries have increased during the last years. Prevalence of dementia seems to vary between different regions of Africa, and between urban and rural areas. Beyond the usual risk factors for dementia, our studies highlighted the role of psychosocial risk factors in low income countries.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (306 f.)
  • Annexes : 181 réf. bibliogr.

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  • Bibliothèque : Université de Limoges (Section Santé). Service Commun de la Documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : M2010310D
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