Etude des déterminants du comportement alimentaire : interaction gène-environnement dans l'obésité

par Marie Pigeyre

Thèse de doctorat en Nutrition

Sous la direction de Monique Romon.

Soutenue en 2010

à Lille 2 .


  • Résumé

    La prévalence de l'obésité a considérablement augmenté au cours des dernières décennies et est généralement expliquée par l'interaction entre les changements environnementaux et la prédisposition génétique. Le premier objectif était d’examiner l'impact des changements socioprofessionnels et éducatifs sur la prévalence de l'obésité en France. Cette analyse a été effectuée dans la population MONICA (5423 hommes et 5271 femmes âgés de 35 à 64 ans) en 1986, 1996 et 2006 dans trois régions géographiques de la France. Un questionnaire et un examen clinique standardisé ont permis de recueillir les données. Une analyse contrefactuelle a évalué la contribution des changements socioprofessionnels et éducatifs sur la prévalence de l'obésité. Nous avons ainsi observé que la prévalence de l'obésité a augmenté pour chaque catégorie professionnelle, sauf pour les femmes au chômage, où elle est restée stable. La contribution des changements professionnels sur la prévalence de l'obésité a été estimée à -0,3% et -1,9% chez les hommes et les femmes, respectivement. La prévalence de l'obésité a augmenté également pour chaque niveau d’éducation, cependant davantage pour le groupe moins instruit. La contribution des changements du niveau d'éducation sur la prévalence de l’obésité a été estimée à - 1,8% pour les hommes et -4,7% pour les femmes. Ces tendances ont été partiellement masquées par la contribution défavorable des facteurs séculaires, estimés à +3,9% et +2,5% chez les hommes et les femmes, respectivement. En conséquence, la prévalence de l'obésité est passée de 15,0% à 18,4% chez les hommes et de 15,9% à 17,2% chez les femmes entre 1986 et 2006. Le second objectif était d’étudier l'influence des comportements liés au poids sur l'indice de masse corporelle (IMC) en fonction du sexe et de la classe sociale, ainsi que la perception du poids, dans un échantillon représentatif de la population adulte française. L’analyse a été effectuée dans l’enquête transversale Nutrialis, comportant 1646 sujets adultes vivant en France. Les participants ont été pesés à la maison et ont ensuite répondu à un questionnaire standardisé. Nos résultats montrent que la classe sociale est liée à l'IMC chez les femmes, et non chez les hommes. La perception du poids diffère selon la classe sociale chez les femmes et non chez les hommes et contribuent aux différences observées entre les comportements visant à contrôler le poids. Dans la classe sociale la plus élevée, la restriction est plus élevée et le temps passé devant la télévision plus faible, pour les deux sexes ; l'externalité alimentaire est plus élevée chez les femmes et moins élevée chez les hommes, comparativement aux autres classes sociales. L'IMC est positivement corrélée avec le score de restriction alimentaire et négativement avec le score d’externalité alimentaire dans les deux sexes. La proportion de sujets pratiquant une activité physique de loisirs augmente avec la classe sociale pour les deux sexes. La proportion de fumeurs est plus élevée chez les hommes de classe sociale inférieure. Enfin, la restriction alimentaire, le tabagisme, le temps passé devant la télévision et l'activité physique sont indépendamment corrélés à l'IMC dans les deux sexes, alors que le score d’externalité alimentaire est corrélé à l'IMC que chez les femmes. Le troisième objectif était d’étudier l’interaction entre les polymorphismes d’un gène impliqué dans le comportement alimentaire et les facteurs socio-économiques, sur le développement de l’adiposité. Nous avons choisi le gène de la neuromedine B (NMB) pour lequel le polymorphisme P73T a été associé à l'obésité et aux anomalies du comportement alimentaire chez les adultes. Nous avons ainsi analysé l'association entre les 4 polymorphismes du gène NMB (rs1107179, rs17598561, rs3809508 et rs1051168 (P73T)) et les phénotypes liés à l'obésité dans la population HELENA (1144 adolescents européens âgés de 12 à 17 ans). L'obésité a été définie en fonction des critères de Cole et al. ; les données ont été recueillies via un questionnaire standardisé. Nos données montrent que seul le polymorphisme rs3809508 est associé à l’obésité, et le génotype TT est plus fréquent chez les adolescents obèses que chez les non obèses (ORajusté=2,85 [1,11-7,31], p=0,03). De plus, les sujets TT ont un IMC, un tour de taille, un rapport tour de taille/hanches et un rapport tour de taille/taille plus élevés que les porteurs de l’allèle C. Par ailleurs, nous avons montré que les effets de ce polymorphisme sur toutes les valeurs anthropométriques ont été influencée par le statut socio-économique de la mère, en ce sens qu'un faible niveau d'éducation maternelle aggrave le phénotype des adolescents porteurs du génotype TT (interaction p<0,02). En conclusion, entre 1986 et 2006, l'obésité a augmenté en France dans toutes les catégories socioprofessionnelles et davantage chez les hommes que chez les femmes. Cette tendance séculaire a été partiellement contrée par l'amélioration du niveau socioprofessionnel et éducatif qui a eu lieu au cours de la même période. Notre étude confirme également qu’ils existent des différences liées au sexe dans la relation entre l'IMC et la classe sociale, qui pourraient être dues à une perception du poids et des comportements visant à contrôler le poids différents. Enfin, un faible niveau d'éducation maternelle peut aggraver l’expression phénotypique d’un gène associé au comportement alimentaire, sur le développement de l’obésité des adolescents.


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  • Détails : 1 vol. (179 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 148-167

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