Protéine NS1 du parvovirus H-1 et induction de la mort cellulaire dans des cellules humaines normales et transformées

par Pierre Wizla

Thèse de doctorat en Biologie cellulaire

Sous la direction de Dominique Stéhelin.

Soutenue en 2010

à Lille 2 .


  • Résumé

    Le parvovirus H-1 (PVH-1) montre plusieurs propriétés anti-cancéreuses. Il se réplique préférentiellement dans les cellules transformées humaines (oncotropisme). Ceci peut mener à la destruction de ces cellules (oncolyse) et à la libération, dans le milieu extracellulaire, de particules virales néo-formées, pouvant à leur tour infecter et détruire les cellules transformées avoisinantes. Ces propriétés observées in vitro sont complétées par des données in vivo, qui montrent que le PVH-1 protège les animaux de laboratoire du développement tumoral (oncosuppression). Toutes ces caractéristiques font du PVH-1 une potentielle alternative thérapeutique aux traitements antimitotiques actuels. L’éventuelle utilisation du PVH-1 en clinique nécessite cependant une connaissance plus approfondie de son mode de fonctionnement. Nous nous sommes intéressés en particulier à deux problèmes rencontrés avec les traitements actuels, afin de voir si le PVH-1 pouvait y apporter une réponse satisfaisante. La spécificité des molécules actuelles est relativement limitée, et celles-ci peuvent donc porter atteinte aux cellules saines de l’organisme. Dans une cellule humaine non transformée, le PVH-1 ne présente généralement pas d’effet délétère. En effet, le promoteur parvoviral P4 n’y est pas activé, et la protéine NS1, principal acteur de la toxicité induite par le PVH-1, n’est donc pas produite. Nous avons cependant cherché à savoir ce qu’il adviendrait si la protéine NS1 venait à être exprimée dans une cellule normalement insensible à l'infection parvovirale. Pour cela, nous avons utilisé un modèle permettant l'expression ectopique de NS1, contrôlée par un promoteur fort, constitutivement actif, dans un type particulier de cellules embryonnaires humaines, non immortalisées et présentant un phénotype normal, les cellules MRC-5. Nos travaux montrent que, dans ce modèle, l’expression massive de la protéine NS1 induit des modifications importantes du réseau d’actine du cytosquelette et la mort de ces cellules. L’utilisation d’une construction permettant l’expression d’une forme de NS1 mutée au niveau de son résidu de sérine en position 473 empêche à la fois les déformations du cytosquelette et la mort cellulaire. En revanche, alors que les cellules MRC-5 SV2, équivalents transformés des MRC-5, meurent sous l’effet de la surexpression des formes native et mutante de NS1, la mutation de la sérine 473 empêche l’induction de la déformation du cytosquelette. Un autre problème rencontré avec les thérapies oncologiques actuelles est la possibilité de résistance au traitement. De récents travaux démontrent que le PVH-1 peut être efficace contre des tumeurs résistantes à certains traitements classiques, notamment dans le cas de gliomes et de certains cancers du pancréas. Nous nous sommes intéressés à des cellules humaines de cancer du sein présentant un haut risque de formation de métastases, les cellules de la lignée SK-BR-7. Ces cellules montrent une résistance à l'apoptose, par l'intermédiaire d'un système autocrine inhibant l'induction de celle-ci. Nos travaux montrent que ces cellules sont sensibles à l’infection par le PVH-1, qui induit leur lyse. L’infection par le parvovirus H-1 n’induit pas l’expression de la caspase 3 comme le modèle autocrine initial aurait pu le laisser penser. En revanche, il ne nous a pas été possible de déterminer la nature exacte des voies de mort mises en oeuvre par le PVH-1. En effet, après avoir examiné les effets d’un composé non commercial, critique pour l’utilisation du modèle étudié, et dont l’activité inhibitrice du système s’est révélée défaillante, des délais prolongés dans la production de nouvelles doses de ce composé par nos collaborateurs nous ont empêché de formuler des conclusions certaines quant aux résultats obtenus pour ce projet. Les données intéressantes acquises avec ces deux projets demandent à être approfondies. D’une part, il serait intéressant d’utiliser les outils d’expression de NS1 que nous avons construits pour examiner les effets de cette protéine sur un plus large échantillon de cellules humaines normales. Nous envisageons également d’étudier les phénomènes induits de façon plus détaillée, du point de vue moléculaire, afin de déterminer les voies qui conduisent à la destruction de cellules normales. D’autre part, dès que le composé inhibiteur du système netrin-1 sera à nouveau disponible, nous souhaitons l’utiliser pour analyser plus précisément le(s) mécanisme(s) de mort induits par le PVH-1 dans les cellules SK-BR-7 et déterminer si ce virus interfère ou non avec le système autocrine présenté par ces cellules. Dans les deux cas, nos travaux ouvrent la voie vers un élargissement des connaissances acquises sur le PVH-1 qui seront utiles au moment d’envisager l’utilisation de celui-ci en clinique humaine.


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  • Détails : 1 vol. (84-XXIII f.)
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