La domestication du chien en Eurasie : étude de la diversité passée, approches ostéoarchéologiques, morphométriques et paléogénétiques

par Maud Pionnier-Capitan

Thèse de doctorat en Paléogénétique et évolution moléculaire

Sous la direction de Catherine Hänni.


  • Résumé

    The first animal domesticated by human populations was the dog (Canis lupus familiaris). Wolves (Canis lupus), the wild ancestors of dogs, were tamed and domesticated by hunter-gathering communities during the Upper Paleolithic. However, the number of domestication events and their origin(s) remain controversial. Archeological data plead in favour of numerous domestication events. Indeed, numerous remains of paleolithical dogs have been excavated in multiple and independent Eurasian sites. The morphologies of these ‘first’ canids are various with large-sized individuals displaying phenotypes close to those of captive wolves, middle-sized animals having distinct morphologies from those of their wild ancestors and small to very small dogs. In parallel, data from genomics and population genetics (based on mitochondrial and nuclear DNA) performed on modern breeds of dogs are contradictory. Some data support the hypothesis of a unique domestication event in South-East of Asia, whereas other data, in agreement with the archeological hypothesis, suggest that modern dogs have originated from several distinct wolf populations. The aim of our work was to focus on the diversity of ancient wolves and dogs, ranging from the end of the Paleolithic to the Bronze Age, running both morphometrics and ancient DNA studies in parallel. More than 350 remains from wolves and dogs, coming from 41 archeological sites, were included in the study. Results obtained by the two parallel approaches are congruent. They enable us to underline that most ancient dogs (Upper Paleolithic) were domesticated at least in two geographically-different regions: Asia and Western Europe. Moreover, it seems that other events occurred in the Middle-East, possibly at the beginning of the Neolithization (around 9,000 years BP). These new domestication events marked the beginning of the diffusion of dog populations and occurred in parallel with the dissemination of Neolithic culture in Europe. To conclude, our results show that domestication phenomena cannot be solely based on observations of modern diversity.

  • Titre traduit

    Dog's domestication in Eurasia : Study of ancient diversity, osteoarchaeologic, morphometric and paleogenetic approaches


  • Résumé

    Le chien (Canis lupus familiaris) a été la première espèce domestiquée par les populations humaines. Les ancêtres sauvages des chiens, les loups (Canis lupus), ont été domestiqués par les groupes de chasseurs-cueilleurs au Paléolithique supérieur. Cependant, le nombre ainsi que l’origine du ou des évènements de domestication sont toujours sujets à controverse. Les données archéologiques vont en faveur de multiples évènements de domestication. En effet, plusieurs restes de chiens paléolithiques ont été mis à jour dans de nombreux sites distants d’Eurasie. Les morphologies de ces premiers chiens sont variées avec des individus de grande taille au phénotype proche de loup en captivité, des individus de taille moyenne à la morphologie clairement distincte des loups sauvages et des individus de tailles petite à très petite. Parallèlement, les données des études génomiques et de génétique des populations (basées sur l’ADN mitochondrial et nucléaire) réalisées sur les races de chiens actuelles demeurent contradictoires. Certaines données vont en faveur d’un seul évènement de domestication en Asie du Sud-Est alors que d’autres rejoignent les hypothèses des archéologues en faveur de nombreuses populations de loups indépendantes à l’origine des chiens actuels. L’objectif de notre travail a été de s’intéresser particulièrement à la diversité des loups et chiens anciens, datés de la fin du Paléolithique à l’âge du Bronze, par des études conjointes de morphométrie et de paléogénétique. Plus de 350 restes de loups et chiens provenant de 41 sites archéologiques d’Eurasie ont été introduits dans l’étude. Les résultats obtenus en parallèle par les deux approches sont congruents. Ils permettent de mettre en évidence que les chiens les plus anciens (Paléolithique Supérieur) ont été domestiqués dans au moins deux régions différentes : l’Asie, mais aussi l’Europe de l’Ouest. De plus, il apparaît que des évènements de domestication ont également eu lieu au Moyen-Orient, éventuellement au début de la Néolithisation (autour de 9,000 ans). Ces nouvelles domestications ont été à l’origine de phénomènes de diffusion des populations de chiens en parallèle des diffusions de la culture Néolithique en Europe. En conclusion nos résultats illustrent que les phénomènes de domestication anciens ne peuvent être étudiés sur la seule base des observations de diversité actuelle.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (294 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 227-263

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