Les migrations interterritoriales des plaines du Logone vers le bassin sucrier de Mbandjock-Nkoteng dans le Cameroun central : des impératifs économiques à l'intégration nationale

par Joseph Yves Zoa Zoa

Thèse de doctorat en Géographie tropicale

Sous la direction de Jean-Claude Bruneau.


  • Résumé

    L’une des caractéristiques fondamentales de la plupart des groupes humains, importants ou non, permanents ou non, organisés ou spontanés, de nos jours est leur capacité à se déplacer dans des proportions variables d’un espace à l’autre. C’est dans un tel contexte que se sont créés, au Cameroun, des liens entre les savanes septentrionales, pays du mil, du coton et les forêts méridionales, domaine du cacao, de la banane. Les savanes septentrionales, et plus particulièrement les territoires du Logone, sont surpeuplées, formant les « pleins ». En revanche, les savanes méridionales du territoire de Mbandjock-Nkoteng sous-peuplées sont qualifiées de « vides ». Il s’agit des migrations interterritoriales effectuées depuis 1964 par des originaires des plaines du Logone en direction de la vallée de la Sanaga dans la localité de Mbandjock-Nkoteng. C’est un espace de transition forêt-savane peuplé en moyenne de 2 hab. /km2 de populations Vuté et apparentés où, les sucreries du Cameroun se sont implantées et ont attiré par vagues successives plus de dix milles migrants. Leur apport dans le développement des agro-sucreries et les mutations sociales, est resté déterminant. Par son caractère transitoire, les migrants ont semblé retrouver dans ce territoire d’accueil, certains éléments écologiques des zones de départ qui ont contribué à leur installation durable et permanente. Le processus d’installation définitive des immigrés que leurs descendants ont parachevé aujourd’hui, a commencé vers 1985, avec l’arrêt des migrations organisées voire planifiées que les sucreries initiaient en 1964. L’inscription spatiale du phénomène urbain, est devenue plus visible à travers la multiplication des services d’encadrement collectif pendant que les faits géographiques ignorés se sont révélés dont l’intégration nationale. Grâce à leur fixation permanente, les immigrés ont changé de statut et se définissent désormais originaires du bassin sucrier de Mbandjock-Nkoteng. Les frontières mentales, identitaires et sociales sont affranchies par les deux groupes humains entrainant la dilution de l’interterritoire dans le territoire national.

  • Titre traduit

    The migrations of plains of Logone towards the sugar basin of Mbandjock-Nkoteng : of the socioeconomic imperatives at the national integration


  • Résumé

    Among the key characteristics of the majority of present-day human groups, regardless of their size, permanence, or organization, is their great ability to move from one place to another in variable proportions. It is in such a context that were created in Cameroon, strong links between northern savannas, homeland of millet, cotton and bovine, and the southern forests, sheltering cocoa, banana, wood, corn and cassava. Northern savannas, over-populated Logone territories formed the ‘full ones” while the southernmost savannas, under-populated Mbandjock – Nkoteng territories were described as “vacuums”. This concerns mainly inter-territory migrations carried out since 1964 by the populations originating from the Logone plains moving towards Sanaga valley, in the locality of Mbandjock-Nkoteng. This place witnesses a transition between the forest and the savanna, with an average of 2 inhabitants per Km2, all from the Vute tribal group and their relatives. It is in this territory that Cameroon sugar refineries were established and have attracted successive immigration waves amounting approximately ten thousand migrants whose contribution was considerable in the development of SOSUCAM agro-sugar refineries on one hand and of social changes on the other hand. Given its transitory character, this territory offered to new comers some ecological features of their native place, and this contributed to facilitate their lasting settlement. The process of final settlement that immigrants descendants have now completed was launched in 1985, when the sugar refineries put an end to the planned and organized migrations that they initiated in 1964. The space inscription of the urban phenomenon has become more visible with the multiplication of collective management services while some ignored geographical facts have appeared, including national integration. Thanks to their permanent settlement, migrants changed their status and now define themselves as originating from the Mbandjock-Nkoteng sugar basin. The identity and social boundaries are broken by both human groups triggering the inter-territory’s dilution into the national territory.

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  • Détails : 1 vol. (534 p.)
  • Annexes : Bibliogr. : p. 463-489

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