Du romantisme comme imaginaire ontologique : la faillite révolutionnaire en France et en Allemagne

par Cédric Boulanger

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Fabienne Brugère.

Soutenue en 2010

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    Ce travail se propose de structurer la notion vague de romantisme. Partant du constat que la littérature romantique est essentiellement une littérature de la Chute, il se base sur le fait qu’elle a un lien avec les lendemains désenchantés de 1789. Il entreprend donc de comprendre ce que la Révolution a transformé. Comparant le siècle des Lumières et le siècle des révolutions, il mène, ainsi, à constater des manières différentes d’appréhender la construction individuelle et l’activité de la prise de conscience, le fondement aperceptif du Moi – nommé l’imaginaire ontologique. Ainsi, le XVIIIe siècle est caractérisé par un imaginaire transindividualiste – le Moi se pense comme dépendant de l’Autre, structuré par l’environnement qui l’englobe. Et le XIXe siècle est fondé par un imaginaire individualiste – le Moi s’imagine comme isolé et auto-affirmé. Entre les deux, a passé la Chute révolutionnaire ; la faillite des utopies – l’absence de dynamique collective laissant l’individu sans autre perspective d’avenir que la sienne en propre. Or, analysant d’abord les œuvres des premiers théoriciens du romantisme, – le cénacle des Novalis, Schlegel, Schelling, Tieck… – puis les Français dits « romantiques », au prisme de cette notion d’imaginaire ontologique, cette étude prouve qu’il en va bien là d’un individualisme, mais maladif, enté sur un reliquat transindividualiste. Le romantique est le nostalgique de cet imaginaire du XVIIIe siècle dont il sait encore quelque chose. Il est l’enfant de la révolution ; celui qui veut la continuer, tout en voulant revenir à ce qu’étaient les hommes avant elle.

  • Titre traduit

    The romantic ontology : the French Revolution's failure in France and Germany


  • Résumé

    This study tries to define the unspecified notion of Romanticism. It is based on the thought that the romantic litterature develops “The Fall” as its principal topic, due to the failure of the French Revolution. Then, comparing the Age of Enlightenment with the Age of revolutions, it tries to understand how the French Revolution has changed the philosophy of the Self. We noticed different ways to define the building of the individual and the becoming-aware’s activity, or the creation of the self’s concept named the ontological imaginary. Thus, the eighteenth century is dominated by a trans-individualistic imagination- the Self is thought through the Other, and determined by its background. Opposite to the nineteenth century wich is dominated by an individualistic imaginary- the Self is thought as an uncorrelated entity in self-determination. The fail of the French Revolution’s utopia can explain this change of thinking: as a result of the impossibility to organize a collective movement the individual is left to one’s own, lacking of a common perspective. Studying first the original german theorists of romanticism, -Novalis, Schlegel, Schelling, Tieck. . . - then the french romantics, around this notion of ontological imaginary, this essay aims to prove that Romanticism stems from a pathological individualism haunted by the memory of the transindividualism. Romanticism is torned between the pursuit of the French Revolution’s policy and the nostalgy of a trans-individualistic imaginary handed down from Age of Enlightenment.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (361 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 338-361

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