Gestion des déchets solides ménagers à Douala au Cameroun : opportunité ou menace pour l'environnement et la population ?

par Louis Bernard Tchuikoua

Thèse de doctorat en Géographie humaine. Ecologie, aménagement, développement

Sous la direction de Jean-Claude Bruneau et de Joseph Gabriel Elong.

Soutenue en 2010

à Bordeaux 3 en cotutelle avec l'Université de Douala (Cameroun) .


  • Résumé

    Since the Seventies, the vast spreading out of Douala, amplified by a running demography, involved an imbalance of its urban organization. Consequently, disparities increased between the districts, complicating the social and spatial structure and the functioning of the whole area. The construction of the city was and continues to be settled by logics and actions who bring about the amplification of an urban disorder. In this context, the problems which this research approaches are that of the environmental and medical threats related to the bad management of domestic solid waste in Douala, whereas the latter abounds in socio-economic and energy opportunities which could be developed, reducing at the same time ecological hazards. Armed with this knowledge, we introduced the following assumption : « The bad management of domestic solid waste in Douala shows that for the time being it constitutes primarily a threat. The emergence of the popular practices in this management, and the ever-present environmental-medical risks that are related to these practices, testify truly to the existence of the threat. However, since domestic solid waste, beyond the activities of salvage, can also be transformed into “clean manure” or into biomass usable within the framework of renewable energies, we will be able to declare that domestic solid waste is an opportunity in the sustainable development, even if such opportunities are less developed or not in the town of Douala. From the observations on the field, the investigations with urban dwellers and some social and institutional actors, the readings in the libraries, the space locations (cartography, ground level and aerial photography), and our empirical knowledge, we can make certain that since the Seventies, the city of Douala undergoes a spectacular space growth. Thus the unconstructible areas (steeply sloping zones, marshes and mangrove) were widely colonized by dwellings, without any plan of preliminary installation. Consequently, the majority of these areas, moreover isolated, which we called territories of middle salubrity and unsanitary territories, hardly provide the effective strategies of modern management. As for the actions implemented by HYSACAM, which is in charge of the modern waste management, they are inadequate. These failures caused the emergence in this management of some popular practices that proved to be unsuitable in the urban milieu, and carrying environmental risks. In addition, economic and energetic opportunities in the field of domestic waste are almost unknown for the majority as well as for the local government. Therefore we proposed some ways out and ideas about domestic waste which could minimize the threats, while developing related opportunities. Namely : rigorous help observance of the current regulation, installation of a municipal police force of environment, popularization campaigns about the environment and the sustainable development, formal gathering of the NGO that already take part in pre-collection and optimization of refuse, promotion of individual composting, closing of the sole (and harmful) rubbish dump that currently works in Douala, setting-up of a project of biomethanation of waste, and creation of a local ecotax in Cameroon.


  • Résumé

    Depuis les années 1970, le fort étalement spatial de Douala, causé par une démographie galopante, y a produit un déséquilibre des structures urbaines. De ce fait, les disparités se sont creusées entre les quartiers, donnant une architecture socio-spatiale et un fonctionnement de plus en plus complexes. La construction du territoire doualais fut toujours et continue d’être réglée par des logiques et des jeux d’acteurs qui concourent à l’accroissement du désordre urbain. Dans ce contexte, notre recherche problématise les menaces pesant sur l’environnement et la santé du fait de la mauvaise gestion des déchets solides ménagers à Douala, alors que le potentiel socio-économique offert par ces derniers pourrait être valorisé dans l’intérêt même de l’environnement. Fort de ce constat, nous avons avancé l’hypothèse suivante : « La mauvaise gestion des déchets solides ménagers à Douala montre que pour le moment, ils constituent essentiellement une menace. L’émergence de pratiques populaires dans leur gestion, et l’omniprésence des risques environnemento-sanitaires qui leur sont liés, témoignent bien de l’existence d’une telle menace. Toutefois, étant donné que les déchets solides ménagers, par-delà les activités de récupération, peuvent également être transformés en “engrais propre” ou en biomasse utilisable pour produire des énergies renouvelables, nous pouvons affirmer que des opportunités existent effectivement dans une perspective de développement durable, même si elles ne sont que peu ou pas valorisées dans la ville de Douala. » Observations directes, enquêtes auprès des citadins et des acteurs sociaux et institutionnels, lectures en bibliothèque, repérages cartographiques et photographiques (y compris sur vues aériennes), et connaissance empirique du terrain, nous ont confirmé que la ville de Douala connaît depuis des décennies une croissance spatiale spectaculaire. Les espaces non aedificandi (fortes pentes, marécages, mangrove) ont ainsi été largement colonisées par l’habitat, sans plan d’aménagement préalable. C’est pourquoi la plupart de ces zones, de surcroît enclavées, et que nous avons appelées territoires de salubrité intermédiaire et territoires insalubres, n’autorisent guère de stratégies efficaces de gestion moderne des déchets ménagers. Quant aux actions mises en œuvre par HYSACAM, qui a la charge de cette gestion, elles sont insuffisantes. Ces dysfonctionnements ont permis l’émergence de certaines pratiques populaires de gestion des déchets, en fait inadaptées au milieu urbain et porteuses de risques pour l’environnement. Quant à la valorisation économique et énergétique de ces mêmes déchets, elle est peu ou pas connue des usagers comme du pouvoir public. C’est pourquoi nous avons posé ici des axes de réflexion et des idées de projets concernant les déchets, de façon à minimiser les menaces et à valoriser les déchets, de façon à minimiser les menaces et à valoriser les opportunités qu’ils représentent. Il s’agit d’appliquer de façon rigoureuse la réglementation en vigueur, de créer une police municipale efficace dans le domaine, de lancer une campagne de vulgarisation sur l’environnement et le développement durable, de fédérer les ONG actives dans la collecte et la valorisation des ordures, de promouvoir le compostage individuel, de fermer l’unique décharge, fort dangereuse, qui fonctionne à Douala, de mettre en œuvre un projet de méthanisation des déchets, et d’instituer une écotaxe communale au Cameroun.

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  • Détails : 1 vol. (479 p.)
  • Annexes : Bibliogr. : p. 398-412

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