Sculpter l'habitat : les dimensions de l'habiter dans la sculpture contemporaine

par Célia Charvet

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Louis Ucciani.


  • Résumé

    Penser l’habiter du point de vue de l’art contemporain – et plus précisément de la sculpture contemporaine – c’est engager la réflexion dans une analyse des formes tridimensionnelles. C’est donc envisager l’habiter dans ses dimensions visibles et tangibles, dans une concrétisation de ses implications et dans une cristallisation des notions de corps, d’espace et de temps. Donner forme(s) à l’habiter, ce n’est pas seulement mettre au jour les phénomènes de l’habiter, c’est également en fabriquer les dimensions spatio-temporelles à la mesure de l’existence humaine. C’est structurer, orienter, qualifier les multiples relations que l’individu entretient avec ses différents lieux d’existence, que ceux-ci soient d’ordre privé ou public. C’est considérer l’habiter comme un acte – et particulièrement comme un acte de résistance – et non simplement comme un fait. C’est enfin définir des territoires de l’habiter dans lesquels les portions d’espace-temps convoquent l’habitance de l’homme, c’est-à-dire sa potentialité d’habiter. À partir des œuvres des sculpteurs d’habiter – tel est le terme générique que nous proposons pour définir les artistes étudiés –, il s’agit de repérer ce qui façonne, révèle et questionne les dimensions de l’habiter. Articulée en quatre moments définissant la nature de ces dimensions, la réflexion fait percevoir tout à la fois les spécificités sculpturales de l’habiter et ses enjeux dans le champ de l’existence. Ainsi, l’art est-il non seulement le point de départ d’une pensée de l’habiter mais une ouverture signifiante permettant de réévaluer les définitions communes. La dichotomie de l'intime et du public est ainsi remise en question dans ces œuvres qui font se rejoindre les données essentielles et existentielles. La mesure humaine détermine les dimensions de l’œuvre – physiquement, mais aussi symboliquement et idéologiquement. Cette mesure est définie par le corps – celui de l’artiste, celui du spectateur – , et par le mur, envisagé comme un référent, comme un point d’articulation entre corps et architecture. Mais au-delà du corps et au-delà des catégories, c'est l'individu qui est en question(s) – et particulièrement l’individu dans son être intime. Les espacements ménagés par le mur pour le corps, par l’œuvre pour l’individu, traduisent les diverses signifiances de l’habiter et indiquent que celles-ci relèvent davantage de la hantise que de l’habitabilité. Sculpter l’habiter, c’est non seulement lui donner une visibilité, une corporéité, mais c’est aussi résister, pour affirmer des singularités, donner du sens à l’existence et ne pas oublier que l’habiter conjugue identité et dignité

  • Titre traduit

    Sculpting "inhabiting" : Dimensions of "inhabiting" in contemporary sculpture


  • Résumé

    Thinking about "inhabiting" from the viewpoint of contemporary art – contemporary sculpture, to be precise – means engaging in an analysis of three-dimensional forms, and thus looking at inhabiting in its visible, tangible dimensions, in a concrete instantiation of its implications, and crystallising the concepts of body, space and time. Giving form(s) to inhabiting does not only mean elucidating the phenomena associated with it, but also generating its spatio-temporal dimensions on the scale of human existence. It means structuring, orientating, qualifying the multiple relationships between individuals and their different places of existence, whether in the private or the public sphere. It means looking at inhabiting as an act – and an act of resistance – rather than simply a fact. It means, finally, defining territories of inhabiting, where the different parts of space-time induce the inhabitance of human beings, in other words their potentiality to inhabit. Starting with works by sculptors of inhabiting (this being the generic term we will use to define those whose work we discuss), the aim is to identify that which fashions, reveals and probes the dimensions of inhabiting. Centred on four aspects of space-time that define the nature of these dimensions, the analysis brings out the sculptural specificities of inhabiting, and its consequences in the field of existence. In this respect, besides constituting a point of departure for an analysis of inhabiting, art can provide a way of reassessing commonly-held definitions. The dichotomy between private and public is called into question by these works, which syncretise essential and existential elements. The human scale determines the dimensions of sculpture, not only physically but also symbolically and ideologically, in that it is dictated by the body – that of the artist, that of the viewer – and by the wall qua referent and point of articulation between body and architecture. But beyond the body, and beyond categories, it is the individual who is in question(s); and particularly the individual's innermost being. The spacings reserved by the wall for the body, and by the work for the individual, express the different significances of inhabiting, which have more to do with haunting than with inhabiting. In the end, sculpting inhabiting does not just mean giving it visibility or corporality, but also resisting, so as to assert its singularities, confer sense on existence and remain aware that inhabiting combines identity and dignity

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Informations

  • Détails : 1 vol. (489 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 395-425. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire. Section Lettres.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : LET.BESA.2010.1010
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