La médiation de l’archéologie à la télévision : la construction d’une relation au passé

par Céline Schall

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Soutenue le 18-06-2010

à Avignon en cotutelle avec l'Université du Québec (Montréal) , dans le cadre de Ecole doctorale 483 « Sciences sociales » , en partenariat avec Programme international de doctorat Muséologie, médiation, patrimoine (Programme international) et de Équipe Culture et Communication (Centre Norbert Elias - UMR 8562) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Jean-Claude Soulages.

Le jury était composé de Daniel Arsenault.

Les rapporteurs étaient Jean-Claude Soulages, Philippe Verhaegen.


  • Résumé

    À l’heure actuelle, les occasions de « rencontrer » des hommes du passé (ou du moins leurs représentants) se multiplient : l’exposition d’archéologie ne présente plus seulement des objets, mais fait découvrir au visiteur le mode de vie des anciens habitants d’un lieu ; les reconstitutions historiques font « revivre » des hommes du passé et mettent en scène courses de chars, artisanat et autres gestes « ancestraux » devant les yeux du public ; et enfin, les guides de monuments historiques prennent les traits de personnages-types, favorisant l’immersion et l’attachement au lieu. De la même manière, les émissions de télévision sur l’archéologie semblent de plus en plus effacer le scientifique et les vestiges du dispositif ; proposant ainsi une relation plus directe au passé et à l’homme du passé (c’est le cas par exemple de docufictions comme Homo Sapiens de Jacques Malaterre). Cette recherche questionne ainsi la relation au passé, proposée par les émissions de télévision sur l’archéologie. Comment ces films peuvent-ils créer une relation à la fois scientifique et symbolique au passé et à « l’autre » ? Quels sont les effets de cette nouvelle forme de médiation qui feint de s’effacer ? À l’inverse, quels sont les effets de l’affirmation du dispositif de médiation (dans les documentaires et les reportages) ? Pour répondre à ces questions, nous avons adopté une démarche « feuilletée », en « entonnoir ». Un corpus de référence réunit d’abord toutes les émissions sur l’archéologie, diffusées entre 1995 et 2008, sur la télévision hertzienne française. Son analyse statistique permet de dégager des tendances générales quant à la représentation de l’archéologie à la télévision. Ensuite, l’analyse sémiopragmatique d’un corpus test de 13 émissions sur Pompéi, mène à la constitution d’un modèle d’analyse de la médiation du passé et d’un outil permettant la systématisation du recueil de données sur un grand nombre d’émissions. Enfin, un troisième corpus de 51 émissions permet la vérification de ce modèle et aboutit à l’identification de quatre types de construction de la relation au passé. L’apport de l’étude est triple : 1) elle génère des connaissances sur l’objet de recherche lui-même, c’est-à-dire sur les représentations les plus courantes de l’archéologie à la télévision ; 2) elle propose une méthodologie et un modèle d’analyse de la médiation fondés sur des outils issus de la sémiopragmatique ; 3) enfin, d’un point de vue théorique, la recherche permet d’envisager la médiation, non comme un lien sociétal ou un « entre-deux », mais comme une stratégie de modulation de la distance, possible notamment grâce à l’intervention de « figures » de médiation. Ces figures sont des éléments référentiels qui cristallisent des représentations sociales et qui ont des rôles à jouer dans l’énonciation et la narrativité de l’émission

  • Titre traduit

    The mediation of archaeology on television : the construction of a relation to the past


  • Résumé

    At present time, the occasions of “meetings” with men from the past (or at least with their representatives) multiply: the archaeology exposure does not only present the objects anymore, but makes discover the visitor, the lifestyle of the former inhabitants of a place; the historical reconstitutions make “relife” the men from the past and put in stage horse races and ancestral gestures in front of the public eyes; and finally, guides of historical places take the appearance of characters, supporting the immersion and the attachment to the place. In the same way, the TV shows about archaeology seem to erase the scientist and the vestiges of the device, offering a more direct relation to the past and to the man from the past (for example the docudrama Homo Sapiens, by Jacques Malaterre). This research questions the relation to the past, built by the television programs about archaeology. How these devices can create at the same time, a scientific and a symbolic relation to the past? Which are the effects of this new form of mediation which pretends to be erased? On the contrary, which are the effects of the affirmation of the mediation device (in the documentaries and reports)? To answer these questions, we adopted a “laminated” method, in “funnel”. A corpus of reference joins all the programs about archaeology, diffused between 1995 and 2008, on french hertzian television. Its statistical analysis makes it possible to draw the general tendencies of the representation of archaeology on television. Then, the semiopragmatic analysis of a test corpus of 13 emissions about Pompeii, leads to the constitution of an analysis model of the mediation to the past and to the constitution of a tool, allowing the analysis of a great number of films. Lastly, a third corpus of 51 emissions allows the checking of this model and leads to the identification of four types of construction of relation to the past. The contribution of the study is triple: 1) it brings knowledge about the object of research itself, about the most common representations of archaeology on television; 2) it proposes a methodology and an analysis model of the mediation based on tools coming from the semiopragmatic; 3) finally, from a theoretical point of view, this research makes it possible to consider the mediation, not as a “social bond” or a “interval”, but as a strategy of modulation of distance, thanks to the intervention of “mediation figures”. These figures are referential elements which crystallize the social representations and which have roles to play in the enunciation and the narrativity of the program

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