Eclaircissement de la peau chez les femmes africaines à Marseille

par Céline Emeriau

Thèse de doctorat en Anthropologie biologique

Sous la direction de Gilles Boetsch et de Antonio Guerci.

Le président du jury était Emma Rabino-Massa.

Le jury était composé de Gilles Boetsch, Antonio Guerci, Bernard Andrieu, Stefania Consigliere, Dominique Chevé.

Les rapporteurs étaient Bernard Andrieu, Stefania Consigliere.


  • Résumé

    La couleur de la peau est le caractère physique de l’homme possédant la plus grandevariabilité. Originairement répartie selon un gradient géographique, les migrations depopulations sont venues nuancer cette répartition chromatique. La pigmentation caractérisetoutefois un espace géographique et les populations qui y vivent, constituant un marqueuridentitaire selon l’origine géographique des individus. La rencontre de populations d’originesdifférentes a donné naissance à un imaginaire construit autour de la couleur de la peau. Lapigmentation comme marqueur identitaire, qui n’a de sens que dans le domaine social, seconjugue à des mythes et stéréotypes qui ont évolués au cours du temps mais qui restenttoujours présents dans l’imaginaire social.Stigmatisante et chargée symboliquement, la couleur de la peau est soumise au mêmetitre que le reste du corps à un travail des apparences. Pour être jugée esthétiquementconforme aux normes dominantes, la peau doit répondre à des critères. Comme tout travaildes apparences, l’éclaircissement de la peau est un fait social s’inscrivant dans un système dereprésentations propre à l’environnement socio-culturel des populations qui s’éclaircissent.C’est dans ce contexte que cette pratique corporelle prend son sens. Or dans le cas despopulations originaires d’Afrique vivant en France, leur environnement socio-culturel se voitinfluencé à la fois par leur pays d’origine mais aussi par leur pays d’accueil, ainsi que par lesenjeux politiques les liant historiquement, des enjeux pour lesquels la couleur de la peau a putenir un rôle prépondérant, notamment durant la période de la colonisation.Au cours de notre étude, nous cherchons à faire un état des lieux de cette pratique auprèsdes femmes africaines vivant à Marseille. Nous essayons de mettre en évidence comment estréalisée cette pratique et à quels systèmes de représentations elle fait référence. Pour cela nousnous intéresserons aux produits et aux techniques permettant d’éclaircir la peau, au regard desfemmes africaines qu’elles utilisent ou non ces produits, mais également au discours socialsur la pratique émanant des publicités pour produits éclaircissants, des magazines fémininsciblant les femmes africaines mais aussi les vendeurs et les médecins témoins de l’impactnocif des produits.L’analyse globale de ces différents discours montre que la pratique de l’éclaircissementde la peau ne se limite pas à un changement de couleur de peau. En modifiant la teinte, maisaussi la texture et la luminosité de la peau, les femmes répondent à une logique sociale etimaginaire. En effet, la pratique de l’éclaircissement s’inscrit dans une logique imaginaire auxfondements empiriques et dont le résultat imprimé sur la peau des femmes aura un impactdans leur vie sociale. En changeant leur couleur de peau, les femmes rentrent dans uneconstruction bio-socio-subjective. Elles matérialisent ainsi une quête identitaire s’inscrivantdans un référentiel socio-culturel et chromatique.Ce travail a pour particularité d’apporter une analyse originale sur l’éclaircissement chezles femmes africaines à Marseille mais aussi un regard pluridisciplinaire nécessaire à l’étudede l’éclaircissement de la peau, une pratique corporelle qui renvoie à la fois à des fonctionsbiologiques et culturelles.

  • Titre traduit

    The lightening skin of african women living in Marseille


  • Résumé

    The skin color is the physical feature of human who has the biggest variability. Originallyspread in fonction a geographic gradient, the migrations of populations came to shade thischromatic distribution. However pigmentation caracterises a goegraphic space andpopulations living there, it is them a tracer of identity in fonction of individual geographicorigin. From the meeting of populations of different origin came forth an imaginary built onthe skin color. The skin pigmentation, as identitary tracer, wich has sens only in the socialdomain, is combined with mythes and stereotypes wich had evolved in the course of time butwich still remain presents in the social imaginary.Stigmatising and symbolically weighty, the skin color is subordinate as the rest of thebody to a work of the appareances. To be judged esthetically coplining dominant norms, skinhas to answer to specific standards. Like all works of appreances, the lightening of skin is asocial fact circumscribing within a system of representation belonging to the socio-culturalenvironment of populations who light itself. It is in this context that this corporal practicetakes sens. Thus, in the cas of populations originating from Africa and living in France, theirsocio-cultural environment is influenced by both the country of origin and the recievingcountry, and also by the political stakes wich historically bind them, stakes for wich skin colorhad taken a preponderant function, in particular during the periode of colonisation.In the course of our study, we try to estimate the situation of this practice by africanwomen living in Marseille. We try to make evident how is realised this practice and to wichsystems of representations it makes reference. In this purpose, we take interest to the productsand techniques enabling to light the skin, to the position of african women using or not thoseproducts, to the social discourse on the practice coming from advertising for lighteningproducts, from feminin magazines targetting african women and also the sellers and thedoctors witness of the harmful impact of the products.The global analyse of these different discourses shows that the practice of lightening skindoes not limite itself to a changing of skin color. Modifing complexion, but also texture andluminosity of the skin, women answer to a social and imaginary logic. Indeed, the practice oflightening lies within an imaginary logic with empirical fondations and whose result printedon the women skin will have an impact in their social life. Changing the skin color, womenbring in a bio-socio-subjective construction. Thus they materialise an identitary questcircumscribing itself in a socio-cultural and chromatic referential.This work has for particularities to bring an original analyse on the lightening of africanwomen living in Marseille but also a pluridisciplinar glance necessary for the study of thelightening skin, a corporal practice wich refer to either biological either cultural functions.


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