L'expression du Moi dans le "Journal" de Julien Green (1943-1954)

par Sandra R. Allogho-Oba

Thèse de doctorat en Lettres Modernes

Sous la direction de Daniel Leuwers.

Soutenue le 15-12-2009

à Tours , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Tours) , en partenariat avec Équipe d'accueil Histoire des représentations (Tours) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Jean-Louis Meunier.

Le jury était composé de Colette Guedj.

Les rapporteurs étaient Teofilo Sanz.


  • Résumé

    Socrate prônait, jadis, la connaissance de soi comme l’un des fondements de la sagesse. Aujourd’hui, l’Homme tourmenté par son existence, se livre encore à cette étude du moi : c’est le cas de Julien Green qui, depuis son enfance, pose la question de son identité : « Depuis ma jeunesse, j’ai été préoccupé par le mystère de l’identité […] Je me demande […] si nous savons qui nous sommes ». Si Julien Green s'interroge avec tant d'avidité sur lui-même, c'est que sa situation est mise en question et qu'il lui faut retrouver les assises d'un nouvel équilibre dans un monde où il se sent parfois étranger. Il n'est pas sûr qu'il les ait trouvées, mais il est certain que le Journal intime, en tant que genre pratiqué et reconnu, exprime l'interrogation de l'individu face à lui-même et face à sa position dans le monde : « Le journal que je me propose de tenir le plus régulièrement qu’il me sera possible m’aidera, je crois, à voir plus clair en moi-même. » Ces pages du Journal nous permettent donc de pénétrer les arcanes de son imaginaire, de plonger avec lui dans son monde intérieur et de comprendre par empathie le drame spirituel qui déchire son être. Julien Green est perpétuellement en lutte contre lui-même, contre un moi désirant et un moi qui refuse de succomber aux flammes de son homosexualité. Si son âme est avide de spiritualité, son corps, lui, est à l’affût du plaisir charnel. Il lui faut, spirituellement, choisir entre Dieu et le profane du quotidien. C’est ce déchirement de l’être incapable de choisir entre deux réalités qui habite Julien Green. Malgré cette souffrance, le Journal de Green n’est pas l’œuvre d’un esprit pessimiste. Le diariste peut être triste et nostalgique d’un ailleurs, mais il a une exceptionnelle aptitude au bonheur. En effet, le bonheur triomphant de vivre, d’aimer et d’écrire ; la certitude de l’amour divin et de la foi qui dominent le Journal procure à son auteur, au-delà des angoisses, une forme de bien-être. L’œuvre de Green s’inscrit au nombre de celles qui font voir « qu’à travers toute vie il y a le fil d’or de l’amour de Dieu . »

  • Titre traduit

    The expression of the "Self" in Julien Green's "Journal" (1943-1954)


  • Résumé

    Formerly, Socrates used to recommend the knowledge of the self as one of the fundament of wisdom. Nowadays, Man, troubled by his existence, goes on with that study of self: It is Julien Green’s case who wonders about the question of his identity since his early childhood: “From my youth, I have been wondering about the mystery of my identity [...]. I wonder [...] if we really know who we are ”. If Julien Green eagerly wonders about himself, it is because his situation is called into question and because he must find the basis of a new balance in a world where he sometimes feels foreigner. He may not have found them but what is certain is that his Journal, as a practised and acknowledged genre, expresses the questioning of the individual facing himself and opposed to his position in the world: “The diary I intend to keep the most regularly will help me, I think, to see more clearly in myself. ” These pages of the Journal will then allow us to enter the mysteries of his imaginary world, to plunge with him in his inner world and to understand by empathy the spiritual drama which tears his being. Julien Green is always struggling against himself, against a desiring self and another one who refuses to fall into the flames of his homosexuality. If his soul is eager of spirituality, his body is on the look-out for bodily pleasure. He needs, spiritually speaking, to choose between the sacred and the profane of everyday life. It is this tearing of the human being, unable to choose between both realities, which inhabits Julien Green. Despite this perpetual suffering, the Julien Green’s Journal it is not the work of a pessimistic spirit. The diarist can be sad and nostalgic of a distant world but he possesses an unusual aptitude to fortune. The triumphant luck to live, to love and to write, the certainty of faith and of the divine love which predominate in the Journal, provides the author, beyond the anxiety, with a vulnerable soul. The Julien Green’s whole work is part of those which let us show that “throughout the whole life, there is God’s love gold thread .”


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