Mesurer et décrire : savoir géogaphique et cartographie dans l'espace germanique protestant (des années 1530 aux années 1610).

par Axelle Chassagnette

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Gérald Chaix.

Soutenue le 28-11-2009

à Tours , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Tours) , en partenariat avec Centre d'études supérieures de la Renaissance (Tours) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Isabelle Pantin.

Le jury était composé de Jean-Marc Besse, Pascal Brioist, Etienne François.


  • Résumé

    Ce travail met en évidence la constitution progressive, à la Renaissance, du savoir géographique en discipline, celle-ci étant définie par l’existence, au sein d’un domaine de connaissance, d’un corpus d’autorités, d’un lexique établi, d’une liste de problèmes ou de questions théoriques et pratiques, d’une communauté de praticiens et parfois caractérisée par les signes d’une professionnalisation. Le choix de l’espace germanique protestant pour mener cette étude s’explique d’une part par le désir précoce de l’humanisme allemand (poursuivi pendant tout le XVIe siècle) d’établir un portrait moderne de la Germania, et d’autre part par l’intérêt accordé aux mathématiques (et parmi eux à la géographie) dans les milieux protestants luthériens et secondairement calvinistes pour légitimer l’enseignement et la pratique de la philosophie au regard du développement des nouvelles doctrines religieuses. Ces éléments du contexte intellectuel et religieux favorisent l’activité des savants allemands dans le domaine de la géographie. La limitation de l’étude aux milieux protestants conduit à s’interroger sur la nature des relations qui peuvent lier une confession chrétienne et la définition d’un domaine de savoir et sur l’incidence des doctrines protestantes sur le contenu et la mise en oeuvre de la géographie : dans quelle mesure peut-on parler d’une « géographie protestante » ? Etendue des années 1530 aux années 1620, cette étude s’intéresse dans un premier temps aux évolutions de la définition théorique du savoir géographique et du statut de ses praticiens. Le second temps est consacré à la question de l’enseignement de la géographie dans les universités et les écoles protestantes du Saint Empire. Le troisième moment porte sur la fabrique du savoir géographique, envisage les modalités pratiques, intellectuelles et sociales de la production de la géographie et tente de mettre en lumière l’incidence des contextes de production sur le contenu et la forme des descriptions géographiques tant graphiques que textuelles. Enfin, le dernier temps de l’étude s’interroge sur l’existence d’une mise en oeuvre du savoir géographique propre aux milieux protestants du Saint Empire, considérant successivement deux domaines particuliers, la description de la Germania, de l’Empire et de ses territoires et d’autre part la production de la Geographia sacra, cartes et descriptions textuelles des pays et des peuples qu’évoque la Bible.

  • Titre traduit

    Mesure and description : geographical knowledge and cartography in german protestant area (1530-1620)


  • Résumé

    This doctoral thesis examines and demonstrates the progressive transformation in the Renaissance of geographical knowledge into a scientific discipline as it is defined by an exisiting corpus of authorical texts covering a field of knowledge, by a series of specialized notions, by a list of theoretical and practical problems or questions, by a community of practitioners and sometimes even by a certain degree of professionalisation. The choice of the German and protestant area is justified on the one hand by the historically early eagerness of German humanists to establish a modern portrait of Germania - this interest arises at the end of the fifteenth century and stays virulent through the sixteenth century - and on the other hand by the interest for the mathematical, especially the geographical sciences in Lutherian protestant milieux and later on also in Calvinist environnements. The mathematical sciences were to relegitimize the teaching and practice of philosophy in view of the development of the new religious doctrines. Theses specific intellectual and religious orientations favour the activity of German Scholars in the field of geographics. Limiting this research to the protestant environnement leads to questions on the relationship between a Christian confession and the definition of a field of knowledge and on the way protestant doctrines shape the content and the approaches to geography. The final question is to what extend it is possible to speak of a "protestant geography"? Covering the historical period from 1530 to the 1620ies, this study focusses in a first step the evolving theoretical definitions of the geographic knowledge and the changing status of its practitioners. In a second step, this study raises the question of the teaching of geography in the universities and the protestant schools of the Holy Empire. In a third step, the study brings into the focus the production of the scientific knowledge and examines the practical, intellectual and social modalities of the process of bringing geography into life. How does the context of this production shape the content and the form of the geographical descriptions, were they iconic or textual. A final step is taken, when the study questions the possibility of an application of the geographical knowledge specific to the protestant milieux of the Holy Empire. Two case studies are proposed which concern the description of the Germania - the Empire and its territories - and the conception ot the Geographia sacra - maps and textual descriptions of the coutries and the peoples spoken of in the Bible.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université François Rabelais. Service commun de la documentation. Bibliothèque de ressources en ligne.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.