Maintien d'une zone hybride de gueules de loup (Antirrhinum majus) : rôle de quelques interactions biologiques

par Emmanuelle Tastard

Thèse de doctorat en Écologie

Sous la direction de Christophe Andalo et de Monique Burrus.

Soutenue en 2009

à Toulouse 3 .


  • Résumé

    Les zones hybrides offrent un regard privilégié sur les processus évolutifs. En cas d'hybridation, l'intégrité des espèces parentales ne peut être maintenue que si des forces évolutives compensent le flux de gènes. Je me suis attachée à en comprendre les mécanismes écologiques en étudiant le rôle des espèces en interaction dans la dynamique d'une zone hybride entre Antirrhinum majus pseudomajus, à fleurs magenta, et A. M. Striatum, à fleurs jaunes. Les deux sous-espèces présentent une morphologie florale similaire et ont les mêmes pollinisateurs : des bourdons et des xylocopes. L'analyse de la fructification et des dégâts subis par les plantes suggère un rôle des pollinisateurs et des charançons dans la sélection contre les hybrides et donc dans la stabilisation de la zone hybride. Après avoir vérifié que les bourdons perçoivent les variations de couleurs dans la zone hybride, j'ai montré qu'une augmentation de la diversité des couleurs, comme celle causée par l'apparition d'hybrides de générations tardives, entraîne une augmentation de la constance des pollinisateurs et donc de l'homogamie, ce qui contribuerait à l'isolement prézygotique. Enfin, une analyse spatiale suggère une fréquence-dépendance positive de la sélection liée aux taux de visites des pollinisateurs et un moindre taux de visites de certains hybrides, qui contribuerait à l'isolement postzygotique. Les pollinisateurs peuvent donc participer au maintien des différences entre espèces interfertiles, y compris dans les systèmes où les taxons partagent les mêmes pollinisateurs. De plus, le maintien des zones hybrides pourrait, dans certains cas, résulter des actions cumulées de plusieurs agents biologiques.

  • Titre traduit

    Maintenance of a snapdragon (Antirrhinum majus) hybrid zone : role of some biotic interactions


  • Résumé

    Hybrid zones provide an insight into evolutionary processes. When hybridization occurs, the integrity of the parental species is maintained only if some evolutionary forces balance gene flow. In my research I focus on understanding the ecological mechanisms subjacent to this process. I assess the role of interacting species in the dynamics of a hybrid zone between the magenta flowered Antirrhinum majus pseudomajus and the yellow flowered A. M. Striatum. Both subspecies have a similar floral morphology and share the same pollinators: bumblebees and carpenterbees. Analyses of fruit set and plant damage suggest a role of pollinators and of weevils in the selection against hybrids, and hence in the stabilization of the hybrid zone. After verification that bumblebees are able to perceive the flower colour variation in the hybrid zone, I show that an increase in colour diversity, like that occurring as late generation hybrids are formed, leads to an increase in the level of pollinator constancy and hence in homogamy. This may contribute to prezygotic isolation. Finally, a spatial analysis suggests a positive frequency dependence of the selection acting through the pollinators' visitation rates, and a low visitation rate to some hybrids which may contribute to postzygotic isolation. The results indicate that pollinators can play a role in maintaining the differences between interfertile plant species, even in systems where plant taxa share pollinators. Moreover, hybrid zone maintenance may be the result of the accumulated actions of several biotic agents.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (175 p.)
  • Annexes : Bibliogr. en fin de chapitres

Où se trouve cette thèse ?