Une archéologie de la peau et du miroir

par Jérôme Carrié

Thèse de doctorat en Arts plastiques

Sous la direction de Dominique Clévenot.

Soutenue en 2009

à Toulouse 2 .


  • Résumé

    Cette thèse vise à établir les modalités fondamentales d’une relation spécifique entre la peau, le miroir et l'archéologie dans l'expérience artistique. Initiée par ma pratique plastique personnelle, cette recherche ne réduit pas la peau à sa seule acceptation de support et de surface. Elle est prise en compte comme un véritable médium au sein de la création contemporaine, une interface au contact de soi et du monde, un analogon de la peinture. C'est par le biais de la problématique de la peau et du toucher que je vais interroger la dimension tactile de l'expérience esthétique de la performance, de la peinture et de la photographie. Mes autoportraits photographiques réalisés à partir de mes performances développent le lien entre peau et miroir. Créer une photographie à partir de sa propre peau, c'est avoir la sensation de toucher la surface sensible de la photographie et d'y laisser sa trace spéculaire. L'étude menée ici propose de mettre en perspective les usages du miroir dans l'histoire de l'art jusqu'aux créations les plus contemporaines afin de mesurer la permanence de ce thème et des questionnements abordés par les artistes. Mon travail photographique s'intéresse aux reflets et aux ombres du corps. Se faisant sur l'eau, il brouille leurs limites dans des jeux de déformation, d'apparition et de disparition. La pratique de la chronophotographie m'a offert la possibilité d'appréhender les transformations de la figure humaine et de les restituer phase après phase. Puis, grâce à la sérigraphie, j'ai superposé au sein d'une image unique plusieurs séquences successives. C'est ainsi que la notion d'artchéologie a émergé pour définir cette inscription du déroulement temporel dans l'image. Mon processus de création fondé sur le contact visuel de la peau et du miroir s'entend selon le mode d'une archéologie singulière qui produit elle-meême ses propres traces. Si ma pratique s'inspire des princies de sédimentation et de stratification, mon objet archéologique n'est pas enfoui dans un passé lointain, il se révèle à fleur de peau et de miroir. Mon travail joue sur l'intégration de la peau de l'artiste dans l'image par la médiation du miroir, mais aussi sur celui du spectateur dans l'oeuvre par l'utilisation de matériaux réfléchissants. Ma pratique met le spectateur en présence d'une temporalité paradoxale dans laquelle passé et présent, immobilité et mouvement, mythologie et réalité se mêlent.

  • Titre traduit

    An archaeology of the skin and mirror


  • Résumé

    The goal of this thesis is to establish the fundamental conditions of a specific relationship between skin, mirror and archeology in the artistic experience. Initiated by my own personnal practice of the plastic arts, this research does not reduce skin to its sole acceptation as support and surface. It is taken into account as a veritable medium within contemporary creation, an interface in contact with the self and the world, an analogue of painting. It is through the problematic of the skin and the sense of touch that I am going to investigate the tactile dimension of the aesthetic experience of performance, painting and photography. My photographic self-portraits made from my own performances develop the link between skin and mirror. Creating a photograph from one's own skin, means having the sensation of touching the sensitive surface of the photograph and leaving one's mirror image. The study carried out here proposes to put into perspective the usages made of the mirror in the history of art through to the most contemporary creations in order to measure the permanence of this theme and of the questionings broached by artists. My photographic work concentrates on the body's reflections and shadows. Over water, it blurs their limits in the play of deformation, appearance, and disappearance. Chronophography has offered me the possibility of grasping the transformations of the human figure and restoring them phase by phase. Then, using silkscreen printing techniques, I have superposed several successive sequences within a single image. It is in this way that the notion of archeologiy has emerged to define this inscription of the course of time in the image. My creative process, founded on visual contact between skin and mirror, should be seen as a singulare archealogical made that, itself, produces its own traces. Although my artistic practice its inspiration from the principles of sedimentation and stratification, my archeological object is not buried in some distant part, it reveals itself on the surface of skin and mirror. My work plays not only on the integration of the artist's skin in the image through the mediation of the mirror, but also on that of the spectactor in the work by using reflective materials. My artistic endeavour places the spectator in the presence of a paradoxical temporality in which past and present, immobility and movement, mythology and reality blend together

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Informations

  • Détails : 2 vol. (692 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 619-654. Index

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  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
  • Disponible pour le PEB

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  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
  • Disponible pour le PEB
  • Bibliothèque : Institut national d'histoire de l'art. Collections Jacques Doucet (Paris). Bibliothèque.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : MFiche 223/4620
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