Réponses aux contraintes de reproduction chez le manchot Adélie

par Michael Beaulieu

Thèse de doctorat en Physiologie et biologie des organismes, populations, interactions

Sous la direction de André Ancel.

Soutenue en 2009

à Strasbourg .


  • Résumé

    D'après la théorie des traits d'histoire de vie, toute augmentation de l'énergie allouée à la reproduction se fait au détriment de la survie et de la fécondité future des adultes. Par conséquent, les organismes longévifs se doivent de minimiser leur effort dans la reproduction actuelle de façon à maximiser leurs chances de survie et donc leur succès reproducteur tout au long de leur vie. Par ailleurs, chez les espèces biparentales, un conflit d'intérêt peut surgir entre les deux membres du couple puisque chacun des parents est censé minimiser son effort dans la reproduction actuelle. Nous avons examiné le compromis entre reproduction et maintenance chez une espèce longévive et biparentale, le manchot Adélie Pygoscelis adeliae, lorsque les animaux doivent faire face à deux contraintes (expérimentale et environnementale) affectant l'accessibilité aux ressources alimentaires pendant la saison de reproduction. Quelle que soit la contrainte, les manchots Adélie changent leur comportement de recherche alimentaire : augmentation de la durée des voyages alimentaires en mer, modification de leur distribution spatiale et des paramètres de plongée. Ces modifications comportementales pourraient être la résultante de changements hormonaux (notamment de prolactine). Par ailleurs, les manchots privilégient leur maintenance en augmentant leur capacité antioxydante et semblent ainsi limiter l'impact négatif de la reproduction sur la sénescence de l'organisme (taille de télomères stable). Néanmoins, si la contrainte est trop importante, ces changements comportementaux et physiologiques sont insuffisants pour éviter une détérioration de leur condition corporelle, de leur taux de survie et de leur fécondité l'année suivante. Cela pourrait expliquer pourquoi, lorsqu'un seul membre du couple subit une forte contrainte, son partenaire n'augmente pas sa dépense parentale en réponse, probablement pour éviter les conséquences générées à long terme par un investissement trop important. La flexibilité du comportement parental chez le manchot Adélie apparaît donc limitée. Au delà d'un certain seuil de contrainte, cette flexibilité ne permet pas aux manchots d'échapper aux conséquences négatives de la reproduction sur leur maintenance.

  • Titre traduit

    Responses to breeding constraints in Adélie penguins


  • Résumé

    Life-history theory predicts that an increased allocation of resources into current breeding will be followed by a lower adult survival or fecundity. Consequently, long-lived animals have to accurately regulate their effort in current reproduction to maximise their survival probability and lifetime breeding success. In addition, in biparental species, a conflict of interest may arise between mates, both being expected to minimise their breeding effort in current reproduction. We examined the trade-off between reproduction and maintenance in a long-lived and biparental species, the Adélie penguin Pygoscelis adeliae, subjected to two constraints (environmental and experimental) affecting food accessibility during the breeding season. Penguins responded to both constraints by adjusting their foraging behaviour: longer foraging trips, modified spatial distribution and diving parameters. These behavioural changes are likely to result from hormonal changes (prolactin). In addition, penguins facing a breeding constraint give priority to their maintenance by increasing their antioxidant capacity, expected to reduce the negative impacts of reproduction on the organism senescence (steady telomere size). However, when the constraint is too severe, these behavioural and physiological adjustments are insufficient and in that case, penguins exhibit decreased body condition, lower survival rate and fecundity the subsequent year. This may explain why, when only one mate is subjected to a breeding constraint, its partner does not increase its parental effort to compensate, presumably to avoid the potential long-term consequences of an additional investment. In Adélie penguins, parental flexibility appears limited and beyond a threshold of constraint, this flexibility remains insufficient to avoid the deleterious consequences of reproduction on their fitness.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (Pagination multiple)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 105-124

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  • Bibliothèque : Université de Strasbourg. Service commun de la documentation. Bibliothèque Danièle Huet-Weiller.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : Th.Strbg.Sc.2009;0333
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