L'Autre de Lacan

par Florence Even

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jean-Pierre Cléro.

Soutenue en 2009

à Rouen .


  • Résumé

    Fidèle à Freud, Lacan pose la question de l'altérité, c'est-à-dire de la relation de l'homme à son entourage, à son désir et à l'objet dans la perspective d'une détermination inconsciente. Mais il radicalise l'inconscient freudien comme autre scène en forgeant une terminologie spécifique (Autre/autre) pour distinguer ce qui relève du tiers lieu, hétérogène à la conscience, des relations duelles purement imaginaires au semblable. Le petit autre est un autre soi-même, une projection du moi à partir d'images corporelles, qui sous l'influence de la lecture par Kojève de la Phénomènologie de l'esprit de Hegel, est pris pour Lacan dans des relations de rivalité avec ses semblables pour la reconnaissance. L'autre n'a alors aucune existence propre, il peut être annulé pour les nécessités de la reconnaissance. Pour sortir de cette relation mortelle, purement imaginaire, il est nécessaire d'en passer par l'Autre, lieu de déploiement de la parole, qui déchire le sujet à l'intérieur de lui-même et lui fait perdre sa maîtrise, mais dont il n'a aucune garantie qu'il existe. L'Autre fait l'enjeu d'un pari comme le Dieu de Pascal. Il échappe au savoir dont la théorie se trouve modifiée, traversant la perception entre l'intérieur et l'extérieur, le rapport à l'objet, à l'espace et au temps, qui ne peuvent plus être saisis que selon une approche topologique. Cette absence de garantie tend à déplacer la question de la connaissance de l'autre vers celle de son désir : que me veut-il ? La jouissance de l'Autre devijent le nom que Lacan donne au savoir, insu du sujet mais dont il a à répondre. Dès lors la réflexion s'ouvre sur la dimension éthique et sur la responsabilité du sujet divisé. Loin de toute conception du bonheur comme recherche du seul plaisir ou de tout enjeu de caractère pas plus que de liberté ou de volonté, l'éthique chez Lacan est une éthique du désir, sur lequel viendront fleurir la vertu et la reconnaissance du désir de l'autre. Le désir n'est pas intentionnalité orientée vers un objet mais causé par l'objet a, objet chu de l'énonciation et pris dans les pulsions. C'est la dimension politique de l'abord lacanien de l'altérité qui contribue à renouveler profondément aussi bien la philosophie du langage, de la connaissance que de l'action


  • Résumé

    Faithful to Freud, Lacan asks the question of otherness, that is the relation of the man in its circle of acquaintances, in its desire and in the object in the perspective of an unconscious determination. But he toughens the unconscious Freudian as the other scene(stage) by forging an (Other/other) specific terminology to distinguish what raises from the third place, heterogeneous in the consciousness, and relations purely imaginary to the fellow man. The other is the other one itself, a projection of the ego from physical images, who under the influence of the reading by Kojève of Hegel, is taken for Lacan in relations of rivalry with his(her) fellow men for the recognition. Other one has then no appropriate existence, he can be cancelled for the necessities of the recognition. To go out of this mortal, purely imaginary relation, it is necessary to cross it by the Other one, the place of deployment of the word, which tears the subject inside itself

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Informations

  • Détails : 1 vol. (302 p.)
  • Annexes : Notes bibliogr. Bibliogr. p. 292-296. Index

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