En quête des représentations antiques du corps féminin : les thérapies gynécologiques

par Anna Gaboriaud

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Pierre Brulé.

Soutenue en 2009

à Rennes 2 .


  • Résumé

    Les médecins hippocratiques se trouvent au plus près du corps des femmes, ils le décrivent comme aucun autre homme de la période classique n’a su ou pu le faire. En s’intéressant à l’anatomie, à la physiologie ou aux pathologies, ils nous permettent de le côtoyer avec une proximité inégalée. Les médecins hippocratiques illustrent un choix intellectuel fondamental : celui de la rationalité dans la perspective de la compréhension des processus organiques. Cependant leur observation du biologique, se heurte à la barrière du corps, à la frontière de la peau. Ils vont imaginer une anatomie féminine, et cela, de façon consensuelle. Le corps féminin est plus fragile, plus sujet aux déséquilibres, sa physiologie est non seulement inférieure, mais elle peine même à réaliser les nécessaires conditions de son économie. L’infériorité conceptuelle attachée par la culture grecque au corps des femmes en fait un lieu de passage, une ouverture, qui peut s’inverser en certains moments. Passage du sang qui doit fluer tous les mois, passage de l’enfant qui le consacrera dans son identité. L’essentiel du discours médical, est alors occupé par les seuls moments où le corps féminin témoigne de ses particularités physiologiques. Les maladies de femme sont alors celles de leur sexe, parce que c’est le sexe qui détermine le corps. Le discours du médecin va alors affermir et confirmer ceux de l’oikos et celui de la cité : les femmes sont malades lorsqu’elles ne correspondent plus à ce que la société leur impose comme impératif normatif : elles sont malades de ne pas enfanter. Les remèdes, les thérapies, sont porteurs des valeurs culturelles associées à la représentation des ingrédients qui les constituent. La composition des médicaments est un langage destiné au corps, où s’entremêlent présupposés et empirisme. La pharmacopée gynécologique constitue l’expression matérielle de la représentation mentale qu’ont les Hippocratiques du corps féminin. Elle renseigne également sur des réalités thérapeutiques. Cette médecine n’est pas faite que de représentations ou de symboles, c’est aussi une médecine active qui modèle physiquement le corps tout autant qu’elle le conceptualise

  • Titre traduit

    In search of the female body : the gyneaological therapy


  • Résumé

    Hippocratic doctors are close to the woman's body, they describe it like no other man from the classical period has been able to do. Their interest in anatomy, physiology or in various pathologies are a key to reaching unequalled closeness to it. They even sometimes let us hear women's voices throughout the manifestation of the sicknesses, the worries and the practices, which are a testimony to the persistence in their writings of traditional procedures. Hippocratic doctors incarnate a fundamental intellectual path : the one of rational perspective in the comprehension of organic processes. Their biological observations, however, stop where the body and the skin begin. They imagine women's anatomy in a consensual way. The unwavering belief in the constitutive inferiority of everything female has distorted their theories. A woman's body is frailer, more unbalanced, its flesh is softer, looser, less resistant, moist. Their physiology is not only inferior but is even barely capable of sustaining itself. The conceptual inferiority which Greek culture links to the woman's body classifies it as a passage which direction sometimes changes : the passage taken by blood each month, the passage taken by the child which establishes its identity. It is a tool : malleable, easily influenced, hypersensitive, a condenser at the doctor's disposal. The major part of medical dissertation is taken up by testimonies to physical particularities. The sicknesses of the woman are then those of her sex, since it is the sex which defines the body. The medical line strengthens and asserts the oikos and the city's way of thinking : women are sick when they do not meet the expectations of their husbands and their community any more, when they wander from the normative path society imposes on them : they are sick of not bearing children. Remedies and therapies carry the cultural values associated with the representation of the ingredients they are based upon. The composition of medicine is a language intended for the woman's body where presuppositions and empiricism mingle. Gynaecological pharmacopoeia is the material expression of the mental representation Hippocratic doctors have of the woman's body. It also informs on actual therapeutic facts. Hippocratic medicine is not only made of representations and symbols but is also an active medicine which shapes the body as well as it conceptualises it

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Informations

  • Détails : 3 vol. (264, 222, 152 f.)
  • Notes : Thèse microfichée
  • Annexes : Bibliogr. f. 243-261. 976 réf. bibliogr.

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  • Cote : TR RENNES 2009/88/1

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  • Cote : 2009/REN2/0044
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  • Cote : Mi 1366
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