Perception auditive chez trois espèces de mammifères (equus caballus, cercopithecus campbelli, homo sapiens) : latéralité et préférence acoustique

par Muriel Basile

Thèse de doctorat en Biologie

Sous la direction de Catherine Blois-Heulin et de Alban Lemasson.

Soutenue en 2009

à Rennes 1 .


  • Résumé

    Afin de mieux cerner l’origine du langage humain, nous avons adopté deux approches comparatives distinctes consistant à étudier la perception auditive animale, à travers la latéralité auditive des signaux de communication vocaux et les préférences pour des signaux artificiels non communicatifs tels que la musique. Dans le cadre de la première approche, nous avons employé un paradigme comportemental d’orientation de tête largement utilisé chez les vertébrés, afin de tester l’influence des valeurs sociale et/ou émotionnelle des signaux vocaux sur l’expression d’une latéralité auditive chez le cheval (Equus Caballus), la mone de Campbell (Cercopithecus campbelli campbelli) et l’enfant humain (Homo sapiens sapiens). L’originalité de ce travail réside notamment en la considération de nouvelles variables comportementales (cheval : orientations d’oreille ; singe et enfant : orientations du regard), mesurées en complément de l’approche classique. Nous avons ainsi démontré l’existence d’une latéralité auditive pour la première fois chez une espèce d’ongulé. La valeur sociale du signal vocal a influencé l’apparition de réponses comportementales latéralisées chez les trois espèces, à travers différents degrés de familiarité ou d’affiliation sociale. Une influence de la valeur émotionnelle du cri, ainsi qu’un effet croisé des valeurs sociale et émotionnelle sont également apparus chez le singe et l’enfant. Cependant, les patterns de latéralité observés suggèrent d’avantage un partage des tâches entre les deux hémisphères cérébraux, plutôt qu’une dominance stricte de l’un par rapport à l’autre. En second lieu, un test de préférence, s’appuyant sur des changements de positionnement spatial volontaires du sujet en relation avec la nature des stimuli musicaux diffusés, ne nous a pas permis de déceler de préférence d’harmonie musicale individuelle ou de groupe chez la mone de Campbell. La variabilité des patterns d’activité locomotrice exprimés par les sujets ne nous permet pas de prouver un effet perturbateur (positif ou négatif) de l’exposition à la musique, sur le comportement de nos sujets. Ces résultats témoignent de l’utilité d’une approche comparative afin de mieux appréhender l’impact des relations sociales sur la communication animale et humaine.

  • Titre traduit

    Auditory perception in three species of mammals (equus caballus, cercopithecus campbelli, homo sapiens) : laterality and acoustical preference


  • Résumé

    In order to have a better understanding of the human language origin, we adopted two different comparative approaches consisting in studying the animal auditory perception, through auditory laterality of the vocal signals of communication and through preferences for non-communicative artificial signals such as music. Within the framework of the first approach, we employed the head turn paradigm widely used in vertebrates, to test the influence of the social and\or emotional values of vocal signals on the expression of an auditory laterality in horses (Equus Caballus), Campbell’s monkeys (Cercopithecus campbelli campbelli) and human children (Homo sapiens sapiens). The originality of this work lies particularly in the consideration of new behavioural variables (horse: ear orientation; monkey and child: gaze orientation), measured as a supplement to the classical approach. We demonstrated the existence of an auditory laterality for the first time in ungulates. For each species, the social value of the vocal signal influenced the appearance of lateralized behavioural answers, through different degrees of familiarity or social membership. An influence of the emotional value of the vocal signals, as well as a crossed effect of the social and emotional values also appeared in monkeys and children. However, the patterns of laterality observed suggest more a task sharing between both hemispheres, rather than a strict dominance of one over the other. Secondly, a preference test, based on voluntary spatial movement of the subject in connection with the nature of the broadcast musical stimuli, did not allow us to reveal preferences for musical harmony in Campbell's monkeys at an individual or group level. The variability of the patterns of locomotor activity observed does not allow us to prove a disruptive effect (positive or negative) on the behaviour of our subjects due to the exposure to music. These results testify of the utility of a comparative approach to better apprehend the impact of social relationships on animal and human communication.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (174 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 155-174

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Rennes I. Service commun de la documentation. Section sciences et philosophie.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TA RENNES 2009/32
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